Voyages

28 novembre 2008

 
Sous ma peau tapis, les vampires indolents
Perçoivent sans pâlir l’eau salée qui gravit
Mon visage à l’envers, parapluies sur ma vie
Qui la vident et la privent du dernier élan.
 
Sur le pavé la pluie se dépose à pas lents
– Car le vent s’est levé – et s’étend en lavis
A ma vue salie, paravent de mes envies
Et la rue délavée dévale en rigolant.
 
Les vapeurs vives ondulent parfois, dévoilant
L’ombre inconsistante de l’autre en arrière-plan
Les clochers hautains baillent; il pleut sur le parvis.
 
Mon âme lessivée luit au soleil tremblant
Mais ni mon esprit ni mon coeur n’en sont plus blancs
L’éclaircie dure un temps, celui de ma survie.
 
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Plaisir Coupable (10 mars 2007)

 
Quand je le vois, quelque chose vibre en moi. Il est posé là, nonchalamment, simplement à m’attendre. Je sais que c’est lui que je cherche, que c’est lui que je veux. Le désir me prend. Ma main se pose sur lui, un peu tremblante. Son corps est carré, et pourtant arrondi sous mes doigts. Il s’élève lentement jusqu’à ma hauteur. Je le déshabille avec avidité ; ma peau épouse sa peau lisse et un peu moite. Je frissonne. Il touche mes lèvres qui s’entrouvrent ; son baiser délicieux me fait fermer les yeux, tandis que ma langue le fouille. Tout s’accélère, le voici qui entre en moi, emplissant mon ventre d’une sensation violemment merveilleuse – mais éphémère, et quand tout s’arrête, je me dis que tout s’est passé trop vite. Qu’importe, la nuit est à moi ; pourquoi ne pas recommencer ? Je l’aime tant, il est toujours le même, et toujours différent. Pour le moment nous sommes seuls, rien que lui et moi. Il est mon plaisir et ma passion.
Oh ! le chocolat.
 
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Voyages

27 novembre 2006

 
Regardez-les marcher, voyez, ma bonne dame
Comme ils vont, nonchalants, méprisables d’aisance
Et de rapidité ; sur leur front se balancent
Quelques mèches trop longues assombrissant leur âme.
 
Ils nous narguent en passant, regard fier ! et leurs yeux
Habilement cachés dont l’éclat les trahit
Sauront les diriger, même par noire nuit
Vers de sombres desseins dans de sordides lieux.
 
Que dites-vous, Madame ? Se peut-il qu’en leur tête
Sous leur front dont la peau est stupidement lisse
S’arrête un jour ou l’autre quelqu’idée honnête ?
 
Et vous me traitez, Dame ! de vieille femme aigrie ?
Mes yeux sont souffreteux, mes pieds débiles glissent,
Mais jamais n’oublieront que jeunesse on me prit.
 
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9 avril 11:17

La mémoire humaine est étrange… en un hiver, on oublie tout: la clarté du ciel, la lumière qui éblouit, la chaleur du soleil sur la peau, la sensation des pieds nus sur l’herbe tendre, sur la pierre froide ou le sable crissant (que je n’ai d’ailleurs pas encore retrouvée). On ne se rappelle plus la couleur des cerisiers et pommiers en fleurs, ni leur parfum, les roulades des migrateurs jaloux, le vol élégant de l"hirondelle parmi les autres hirondelles… Dans quelques semaines on redécouvrira la tiédeur de l’eau salée et son parfum, sa couleur étincelante sous le ciel dégagé, le doux bruissement des vagues calmes, le vent chaud, les nuits à la belle étoile, la saveur sucrée du brugnon et le goût des fraises.
Parfois je me dis que pour ce simple étonnement, la vie est bien assez belle pour que l’on en prenne conscience – et qu’on profite à fond des beaux jours!
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