Voyages

5 février 2018 – Avant-nuit au parc

 

Malgré des pudeurs d’accin
Le portail laisse filer
Des lueurs de majesté :

Flamboyant comme un espoir,
Cérémonieusement l’astre
Salue la cour des pilastres ;

L’étang cerné de calcin
s’ouvre d’où, ardent, altier,
Un jet s’élance, esseulé ;

Cité grise à contre-soir,
Un labyrinthe sylvestre
Mime des masses alpestres.

Glissent le long des bassins
Esprits des jours oubliés,
Rires au bord des allées ;

Dans les liquides miroirs
Jouent d’aquatiles enfants
Morts il y a trois cents ans ;

Il se répand, indistincts,
Des songes empoisonnés
Où s’ébrouent faune et napée ;

Quand la sorgue vient s’asseoir,
Que luit le dernier or vieux,
Retentit le chœur des freux.

Sceaux 04-02-2018 -03-

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26 janvier 2018 – Venir, entendre, oser

Venir, entendre, oser
Pousser la porte ouverte
À la vue inexperte,
Sentir, attendre, oiser ;

S’offrir, s’éprendre, haler
Les tendres déchéances
Et les caps, et les anses,
Chérir, apprendre, houler ;

Mourir de retrouver
Une pièce déserte
Aux vitres découvertes,
Courir, se réprouver ;

Vomir et injurier
La peine et l’inconscience,
Au bout de la violence
Gémir, s’apitoyer ;

Bondir, s’estomaquer,
Croire encore à sa perte
Puis chavirer, inerte,
Rugir… ré-embarquer ;

S’ouvrir, s’effaroucher,
Redouter les absences,
Vouer toutes ses danses,
Sourire, se fâcher ;

Se défier, fuir, toiser,
Manier la langue verte,
Mais sans donner l’alerte
Se faire apprivoiser ;

Imboire, étreindre, humer,
Déposer ses croyances,
Se comprendre en silence,
Pouvoir enfin aimer.

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25 janvier 2018

Les bras tendus vers le printemps,
Je dérivais loin des passions
Et les grenouilles de l’étang
Gargouillaient de compréhension.

Mais la nuit glissait dans ma chair
Et mon cœur était un ravin
Où une à une se jetèrent
Des hyades au pleur divin.

Tous les acores de l’étang
Oscillaient comme une illusion ;
Dans leurs arômes entêtants
J’espérais la dépravation.

Les pluies nocturnes me brisèrent
Et j’attendis que la mort vînt
Mais elle rit de ma prière
Et le loriot s’en revint.

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