Voyages

30 juillet 2016

Sur un fond de sable, un tableau
Vivant qu’un doux son accompagne :
Deux alanguies non loin de l’eau
Boivent les tons de leur compagne.

La jeune femme a la voix frêle
et le livre sur les genoux.
Il n’y a qu’un mètre entre nous ;
à cet instant je veux être elle.

Au loin le vent noie les grelots
De ses paroles de cocagne ;
Main dans la main s’en vont aux flots
Trois Grâces, un soir, en Bretagne.

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Roule une voiture noire
Roule

Debout un vieux bêche dans son jardin
Il porte la troisième syllabe de son prénom
Sur le visage
On sursaute
À haute voix
Je la lis.

Stoppe au bord du trottoir
Stoppe

Troisième syllabe aussi
La pelle à la main Dame
Les yeux ronds la bouche ouverte
Il répète les prénoms quoi d’autre
Il fait lourd
Moins qu’hier.

Voilà une histoire
Vois

On arrive au bon moment
S’il en faut un
Nouveau chien grand chat
Que l’on connaissait tiens
Elle, dans l’escalier en béton,
Épaule cassée…

Bien sûr la voir
Bien

Toute fine elle dit
Que j’ai grandi
Tout ce temps Non
C’est que je marche au-dessus
Du sol Du jus d’orange des galettes
Au beurre sers-toi…

Leur horloge armoire
L’heure

Sourire demander rien
Écouter
Des chiffres dont tout le monde
Se fiche tout ça
Pour retrouver leurs voix, r, ch
Une demi-heure dans la vie…

Roule une voiture noire
Roule

24 juillet 2013 – Bongré

En passant
Voyages

9 octobre 2010



Silence sur mes yeux car la brume m’enserre
– Comme choit la noirceur – infimement se meut
Et dans mes os, mon cœur, et mon âme, se veut
Infâme souveraine – où des soleils dansèrent !

À ma mémoire échappent les jours qui passèrent,
Aux étoiles filées j’oublie jusqu’à mes vœux ;
Ils ressemblent aux songes, ces halos fumeux,
Puis que tous sont éteints ; ma voie est un mystère.

– J’ai cru depuis l’aube des astres m’entourer ;
Vint le crépuscule ; n’étant plus éclairés
Ils jetèrent leurs masques – vains miroirs –; s’éteignirent. –

Ma voix gèle, au désert… Mais, oh ! l’inespéré !
Voici que me sourient des flambeaux ignorés :
Âmes resplendissant, ô âmes qu’hui j’admire !

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13 mars

Sous des ponts étoilés, des traînards à tâtons
Partent à la recherche du juste équilibre
Et de la bonne hauteur, jusqu’à ce qu’enfin vibre
Autour d’eux l’air du soir, sous des ciels de béton.
Du socle bien réglé naît l’échelle des tons
Que façonnent leurs lèvres: vit ainsi l’art, libre
Par eux – sans doute ont-ils en eux la même fibre;
Ce sont cordes à notre arc alors que nous chantons.
Si la voix peut, multiple, grimper, aussi leste,
Si ce plaisir sans âge est le même, et qu’il reste,
Lors on peut bien fausser la roue de la fortune;
Puisqu’il n’était pas décrit de cadre céleste,
Puisque n’y bruissait aucune harmonie terrestre
C’est qu’on peut, et rêver, et embrasser la lune!
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