Voyages

30 juillet 2016

Sur un fond de sable, un tableau
Vivant qu’un doux son accompagne :
Deux alanguies non loin de l’eau
Boivent les tons de leur compagne.

La jeune femme a la voix frêle
et le livre sur les genoux.
Il n’y a qu’un mètre entre nous ;
à cet instant je veux être elle.

Au loin le vent noie les grelots
De ses paroles de cocagne ;
Main dans la main s’en vont aux flots
Trois Grâces, un soir, en Bretagne.

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19 janvier 2013

Dans la terre gelée des sabots sont plantés

Sans presque la matière heurter qui tout enchâsse

Affleure en l’ombre blanche une empreinte bleutée

Du bout d’un doigt discret le temps mime un envol

L’étoile du ballet est la vaine clarté

Les tableaux vacillant sont de la même chasse

Immuée, à jamais, l’illustre opacité ;

Dans la terre plantée de sabots glisse un vol

– Ombles, tanches, arc-en-ciels, souvenance effrontée,

Vision inconséquente et néanmoins tenace,

Des jours avant la glace ; or au vent arrêté

Les prairies effleurées saisies par le survol

De l’astre pressenti sont nues ; une beauté

Nuageuse exhume l’étang sous la menace.

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19 avril 2012

Pour B ; Esmeraldine ;

Pensées à : Benoît, Fabienne, Vincent, Patrice ; Armelle, Céline, et Bruno

– 

Avril au présent

Le vent nous enfantera

Arcachons-nous en

– 

La Hume levant

Les voiles, nous agrippant

La hune ; le vent

  – 

Inutilement

Droit contre les cordes-là

Phare obstinément

 

Ils parlent de temps

Les rêves nous bassinant

Que passe le vent.

– 

 

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1er octobre 2011 – À une amie mélancoliée

J’aimerais bien Vous consoler
En Vous envoyant par les airs
(Quand bien même c’est pis-aller)
De ce qui comble des déserts ;

De ces instants chers et sans prix
Dont on imprime les fossettes,
Desquels mon cœur a tout appris ;
Tintant comme autant de piécettes :

Trois secondes à caresser
Un petit être vert-doux-gris
Par cette Sereine embrassées
Sont trois miracles rabougris.

Dans le vent j’en souffle au roseau
D’autres fleurant ces samedis
Rêvant que Vous porte un Oiseau
Ces ronds enclos de Paradis.

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24 février 2010

La femme désolée comme la lande grise,
Assise sous le vent, ne voit pas les étoiles;
Courbée au bord du ru, elle amène la toile
Déployée au courant d’une triste chemise.
Absorbée par l’ouvrage, elle ne parle pas;
Mais son corps douloureux oscille, un peu crispé;
Elle fredonne une très vieille mélopée
Pour ceux qui ne reviendront jamais sur leurs pas.
La femme contenue comme la lande ardente
Arpente en ses pensées d’autres lieux, elle, encore,
Qui n’a jamais vu Rome et ne croit plus l’aurore;
Mais, lasse, elle poursuit sa tâche débordante.
Et ses mains vont et viennent, ainsi que l’eau amère,
Savonnant et battant le linge et les affronts
Ainsi, le tout dernier toucher que sentiront
Ces gens sera l’empreinte des mains d’une mère.
La femme dévastée comme la lande nue
Est fluette; elle a de grands yeux de chat-huant;
Son ventre flasque est mort. Y était-ce un bruant,
ou un enfant des fées ? Sa mémoire est ténue.
Elle est morte en travail, et n’a pu l’élever;
Une nuit lui reviendra son trousseau final,
Et quitteront ensemble la lande hivernale
La mère et, dans les bras, son enfant retrouvé.
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