Voyages

19/10/2010

Soudain survint le jaune, englobant tout ;
Aux longs membres sombres le cuivre s’effeuillait,
Ne consentant plus d’ombre ; et le soleil brillait
Acrylique liquide, de partout.

Or d’entre les colonnes s’envolait
Une pluie d’éclats d’ors, qui fit comme un rideau ;
Et voilée, ma vie nue ne fut plus un fardeau
– Tout bas, déjà, l’automne s’étiolait.

Le monde s’offrait telle une couronne,
Joyeux et tournoyant tombeau de boutons d’or,
Et je m’étonnai de distinguer que la mort
Pût être aussi belle à qui lui pardonne.

Dans ce décor luisant je me coulais,
Foulant le blond tapis de feuilles gorgées d’eau
Sous la voûte ajourée où riait un rondeau ;
Mais blondeur n’eut qu’un temps, qui s’écoulait.

Immonde est l’aube murée qui grisonne,
Embrumant mon cerveau d’un linceul insonore.
La glace se tapit sous les tons que j’arbore
– Qui saura nommer ce qui m’empoisonne !

Souvent m’efforçant de rester debout
J’observe les troncs secs, sinistres et inquiets,
Et songeant que la sève, ambre en sommeil douillet
Sous l’écorce y subsiste, malgré tout.

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Voyages

13 mars

Sous des ponts étoilés, des traînards à tâtons
Partent à la recherche du juste équilibre
Et de la bonne hauteur, jusqu’à ce qu’enfin vibre
Autour d’eux l’air du soir, sous des ciels de béton.
Du socle bien réglé naît l’échelle des tons
Que façonnent leurs lèvres: vit ainsi l’art, libre
Par eux – sans doute ont-ils en eux la même fibre;
Ce sont cordes à notre arc alors que nous chantons.
Si la voix peut, multiple, grimper, aussi leste,
Si ce plaisir sans âge est le même, et qu’il reste,
Lors on peut bien fausser la roue de la fortune;
Puisqu’il n’était pas décrit de cadre céleste,
Puisque n’y bruissait aucune harmonie terrestre
C’est qu’on peut, et rêver, et embrasser la lune!
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