Voyages

21 mars 2018

Nous glissons tendrement
Vers des jours moins blafards
Dont l’aurore canaille
S’infiltre sans vergogne
Entre nos labyrinthes,

Les cheveux tout fripés
D’avoir roulé par jeu
À travers les collines,
Les yeux ridés déjà
Et, quand on l’aperçoit,
Lâchant un rire bref
Qui meurt en toussement ;

Comme nos doigts sont nus
On les cache de peur
Que nous tentions ainsi
Un vieux croquemitaine ;
Mais qu’on laisse courir
Nos dix chevrettes froides
Dans l’air un peu ouateux ;

Car nous n’apprendrons rien
À l’ombre des cités
Où des profils hagards
Tentent mutuellement
De s’entr’apercevoir
Dans des miroirs de forme
Et de taille diverse ;

Sachons nous en distraire
Et suivons Hémérê
Sur la voie qui ruisselle
Depuis les commissures
Nuageuses, épandant
Son pavement d’or vert ;

Il faudra aller où
Les gens ont l’enveloppe
Si claire que l’on voit
Tout leur bois à travers
Et le cœur assez pur
Pour éclairer nos jungles
Et âpres catacombes ;

À travers l’air du soir
Nous laisserons couler
Tous nos jalets tranchants
Alors joignant les mains
En leur tendre présence
Nous oserons prier
Pour que leur franc regard
Nous glisse jusqu’à l’âme.

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Voyages

26 août 2009

Parfum

-ci, parfum-là,

tendre parfum, amer,

Si brillant et si clair, parfum sombre en dedans,

Splendeur lisse, long parfum creux comme la mer

Enlaçant la nuque, parfum, plante tes dents.

Gracieux parfum, terrible,

ô Parfum, ô

parfait, Embrassant tout, parfum, envahisseur sommaire,

Généreux à foison, parfum au prompt méfait,

Tes floues promesses, parfum, ne sont que chimères.

Une odeur, un instant ; parfum, tu en peux quatre…

Tu bruis de flamboyance tue, parfum-hiver, Tu contes des arômes

à des peaux statuaires ; Parfum-jour-et-sommeil, puis

couleur-devant-l’âtre ; Parfum, peau d’âne et soie, du

soi rêvé faussaire ; Parfum : nid, fard, idole ;

perfide parfum… d’air.

 

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Voyages

18 mars 2009

Vert tendre ou d’un blanc frais, du rose un peu mièvre
Au jaune flamboyant, en taches de couleur
Jetées là par un fou qu’illumina la fièvre,
En amas, en parterres, ainsi claquent les fleurs.
Le spectacle est troublant, qui toujours recommence ;
Aux branches sèches et nues, et aigries par l’hiver
Ont surgi les parures impressionnistes et claires ;
L’œil du passant les suit, en manquant l’immanence.
Étourdissants parfums, ensorcelants appels,
Les jardins du château poussent un profond soupir ;
L’air étant bientôt gorgé d’un calme délire.
Accouplements aveugles, étreintes silencieuses,
Le vent libérateur valse entre les pétales
Comme est venu le temps des amours végétales.
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9 avril 11:17

La mémoire humaine est étrange… en un hiver, on oublie tout: la clarté du ciel, la lumière qui éblouit, la chaleur du soleil sur la peau, la sensation des pieds nus sur l’herbe tendre, sur la pierre froide ou le sable crissant (que je n’ai d’ailleurs pas encore retrouvée). On ne se rappelle plus la couleur des cerisiers et pommiers en fleurs, ni leur parfum, les roulades des migrateurs jaloux, le vol élégant de l"hirondelle parmi les autres hirondelles… Dans quelques semaines on redécouvrira la tiédeur de l’eau salée et son parfum, sa couleur étincelante sous le ciel dégagé, le doux bruissement des vagues calmes, le vent chaud, les nuits à la belle étoile, la saveur sucrée du brugnon et le goût des fraises.
Parfois je me dis que pour ce simple étonnement, la vie est bien assez belle pour que l’on en prenne conscience – et qu’on profite à fond des beaux jours!
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