Divertissement, Non classé

30 mai 2012

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Donc on fend l’air avec un fil à plomb

Il est mauvais temps de prendre un bol de poissons-scies à métaux

Retenir son souffle pour laisser descendre

Les météorites carbonisées il faut faire flamber Rome

Il n’y a pas de soupape mais j’entends les tambours du désert

Pas de sifflet pourtant la roulette ticquetacque

C’est que je remonte le courant – on se perdrait dans l’engrenage –

À la main ça grille un peu mais on ne sent rien

Il est vraiment tard pour un repiquage

S’il faut périr sous la herse tantôt

Cueillons la fleur de sel sans attendre

Prions ma soif est sans fin tant pis

Je ne crains pas le saturnisme

Et quand même je reprendrais bien du dessert.

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Autres, Musique, Voyages

9 mars 2012

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Ce soir les années ont passé

Il faisait beau dans le miroir

Qui doit être au fond d’un tiroir

Si j’avais su j’aurais dansé

Quand les rideaux étaient tirés

J’aurais branché le tournedisque

Mis vingt centimètres de risque

Sur ma nuque un ruban doré

Et avec Strauß ou bien Händel

Jacques Brel ou Boris Vian

Visage clos et souriant

Inventé un autre rondel ;

J’aurais déposé ma vieillesse

Moi, qui crevais de tant d’antans,

Encor bien loin de mes vingt ans

J’aurais feint la délicatesse

Flottante d’un ruban doré

Me serais rêvée odalisque

Lointaine comme un obélisque

Ou reine folle et adorée

Exhortée par des chants de liesse

Pour moi tous ces tambours battant

Et mes membres les écoutant

Obombrant le soir d’allégresse

Si je l’avais su éternel

J’en aurais fait un soir brillant

D’ombres chinoises, dépliant

Mendelssohn et Carlos Gardel

Déjà les vingt ans trépassés

Mon œil est toujours aussi noir

C’est ce qu’en dirait le miroir

Si sa glace n’avait cassé.

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11 décembre 2010

Des paroles sont hypocrites, qui singent l’humanité et l’amour avec plus de véracité que l’amour vrai.
Je regarde par la fenêtre et mes yeux tombent sur le parking désert ;
Un chien noir allonge sa silhouette sur la neige blanche, se pointille un chemin argentique.
J’ai froid et il est vain de me parler en ces moments où mon esprit s’est glissé derrière mes yeux.
Le bonheur immense de lire est encore perdu, puis retrouvé.
Les tambours invisibles ne m’ont pas encore troublée, faisant resurgir mon intime fureur.
Un soir va s’immiscer.
Je marcherai seule dans la nuit et dans la boue, sous une pluie noire ;
Les arbres, barreaux protecteurs, me cèleront, isolant chaque endroit, chaque instant en lui réservant sa singularité.
J’entreverrai des bizarreries et une famille de corneilles veillant sur mes pas – avec gravité – du haut d’une fourche noire déplumée.
Mon cœur plein de son vide sera disponible au repos de tous les esprits silencieux.
Je créerai un autre espace, à force de ne plus voir celui-ci.
Je retrouverai les lueurs et le bruit, et je retournerai vers l’ombre et tous ses silences humides.
Les chemins que je devinerai seront bosselés et minces comme la roue des vélos qui les ont dû ouvrir.
Il n’y a pas dans l’univers que je peux pressentir de sens aux mots tels que peur, lassitude, angoisse.
J’y avancerai, émerveillement sans limite et sans partage ; ma solitude est l’inverse de la solitude.
Mon itinéraire est une boucle où tout sera nouveau sans m’être étranger.
L’eau, au milieu, est sans parole et ne me ment donc pas.
Je ne lui parlerai pas non plus. Je rentrerai, longée par les arbres, et j’aurai encore changé – Je suis comme le ciel ou comme l’eau salés.
Il n’y aura pas de désir autre que celui, tranquille, qui mène sur la vie.
Je ne connaîtrai pas encore Nick Drake.
Je m’allongerai, dans ma nuit qui était vide de couleurs et vide de moi. Il fera bon et plein.

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30 octobre 2008

 
Dans le jour rabougri, au velours du ciel gris
Naît le pourpre et charrie le mépris à l’entour
Des détours de l’esprit, et fleurit le pas lourd –
Dans l’aujourd’hui souris – des « toujours » amoindris.
 
Colibris en discours, en flatteries vautours
Je me ris de vos tours, je recourbe vos cri-
Ailleries sans tambours ; je suis sourde et sans cri :
L’amaigri fleuve Amour s’est tari en retour.
 
Les beaux jours ont pourri ; les atours ont flétri
Tout recours a péri des soieries du parcours
Qui m’entourait ; j’écris : coloris troubadour ;
Demi-jour qui mûrit… je n’encours qu’incompris.
 
 
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