Divertissement, Non classé

1er janvier 2010

Pour bien commencer l’année… Enjoy!
 
« Ainsi, après des semaines passées à fouiller péniblement cette région désertique grande comme le Pays de Galles, une sorte de revanche, enfin ; et voici : derrière moi, ces soldats amassent et font brûler d’immenses tas de feuilles de coca et de marijuana. Les barons de la drogue eux-même… sont peut-être passés cette fois-ci à travers les mailles du filet… mais pas leur saleté de marchandise. Heu… Heu, je pense qu’il va falloir que tu coupes ça. (coupure) Derrière moi, des soldats… des soldats en train de faire brûler de la drogue, heu… des soldats, derrière moi… derrière moi, des soldats, des soldats désertiques, grands comme le Pays de Galles / grands comme des baleines (Wales/whales), en train de faire brûler de la drogue. Péniblement. (coupure) Derrière moi, des barons peinant, en train de faire brûler ces soldats drogués dans d’immenses tas de filets à baleines. Oh… Whaou! Oh… ça, c’est de la bonne, Jerry ! »
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Voyages

18 mai 2006 – Vous reconnaîtrez peut-être un dessin (lignes 13 et 25-26)

Elle monte une à une les marches de la tour ; à chaque étage une fenêtre qui délivre une lumière diffuse. Elle ne regarde pas les fenêtres; elle sait. Elle monte, et si quelqu’un la voyait monter, il penserait sans doute qu’elle monte sans effort. C’est faux. Aujourd’hui tout est lourd à porter, mais elle monte en silence, songeuse et rapide pourtant. Quand elle arrive là-haut, elle semble hésiter ; le vent s’engouffre dans la tour. Elle ne frissonne pas. Elle arrive d’un coup en pleine lumière, et ses yeux se plissent brièvement. Elle est sur la terrasse, à cinq ou six coudées du sommet, où l’air est pur et frais, et la vue remarquable. Elle le sait. Elle ne pense même pas à la vue. La terrasse est large, encadrée par une rambarde de marbre froid. Elle marche tout droit. Au milieu de la terrasse, il n’y a pas de garde-fou, mais une avancée, très longue, comme un chemin surplombant le ravin, lisse et étroit. Elle avance, lentement mais d’un pas sûr, sans regarder ni derrière elle ni à ses pieds, comme si elle avait répété mille fois ces gestes que personne ne l’a jamais vue accomplir. Arrivée au bout, juste au-dessus du torrent, à sept-mille pieds de haut, elle s’arrête. Ses yeux se ferment. Peut-être pense-t-elle à tout ce qu’elle a perdu, à son empire qui aujourd’hui s’est effondré ; le versant ouest de la montagne face à elle, naguère verdoyant, regorgeant de vie, de fleurs et de bêtes sauvages, est à présent ravagé, son sol souillé du sang de son peuple. Elle avait pourtant pensé pouvoir sans subir de nombreuses pertes repousser l’ennemi ridicule qui défiait son empire sylvestre. A l’aube, ses guerrières, silencieusement postées entre les branches au faîte des sapins, avaient fondu sur l’armée qui venait de franchir le col ; contre toute attente, elles avaient été submergées par le nombre des assaillants. Elles s’étaient vaillamment défendues, avaient respecté leur serment de ne pas s’envoler pour battre en retraite. Elles ont combattu jusqu’à la mort, venant chacune à bout d’une demi-douzaine de soldats avant de rendre l’âme. Elles ont défendu chaque pouce de terrain, mais l’ennemi a réussi à pénétrer dans la cité des femmes ailées. A présent toutes ont péri, entraînant tous les guerriers dans la mort. Peut-être est-ce ce à quoi elle pense tandis que le soleil s’infiltre à travers ses paupières closes. Elle sait que la soif de la terre n’est pas épanchée, qu’elle est la seule à vivre encore, que la montagne cruelle voudrait un dernier sacrifice. Elle rouvre soudain les yeux ; leur éclat défie celui du soleil. Elle se cambre, rejette la tête en arrière. Peut-être oublie-t-elle qu’elle n’a pas d’ailes, qu’elle vient d’un ailleurs inconnu des habitantes de cette cité qu’elle avait fondée il y a si longtemps ; mais bientôt cela n’aura plus d’importance. Ses pieds dépassant légèrement du bord de la passerelle de pierre, majestueuse, elle bascule lentement en avant.
Sur le versant ouest, un mourant aperçoit, dans sa dernière vision, une comète passer en plein jour, se détachant nettement sur le ciel pourtant clair. Elle file, infidèle, au-dessus de sa tête, et disparaît par-dessus la crête.
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