Divertissement, Non classé

30 mai 2012

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Donc on fend l’air avec un fil à plomb

Il est mauvais temps de prendre un bol de poissons-scies à métaux

Retenir son souffle pour laisser descendre

Les météorites carbonisées il faut faire flamber Rome

Il n’y a pas de soupape mais j’entends les tambours du désert

Pas de sifflet pourtant la roulette ticquetacque

C’est que je remonte le courant – on se perdrait dans l’engrenage –

À la main ça grille un peu mais on ne sent rien

Il est vraiment tard pour un repiquage

S’il faut périr sous la herse tantôt

Cueillons la fleur de sel sans attendre

Prions ma soif est sans fin tant pis

Je ne crains pas le saturnisme

Et quand même je reprendrais bien du dessert.

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Voyages

24 février 2010

La femme désolée comme la lande grise,
Assise sous le vent, ne voit pas les étoiles;
Courbée au bord du ru, elle amène la toile
Déployée au courant d’une triste chemise.
Absorbée par l’ouvrage, elle ne parle pas;
Mais son corps douloureux oscille, un peu crispé;
Elle fredonne une très vieille mélopée
Pour ceux qui ne reviendront jamais sur leurs pas.
La femme contenue comme la lande ardente
Arpente en ses pensées d’autres lieux, elle, encore,
Qui n’a jamais vu Rome et ne croit plus l’aurore;
Mais, lasse, elle poursuit sa tâche débordante.
Et ses mains vont et viennent, ainsi que l’eau amère,
Savonnant et battant le linge et les affronts
Ainsi, le tout dernier toucher que sentiront
Ces gens sera l’empreinte des mains d’une mère.
La femme dévastée comme la lande nue
Est fluette; elle a de grands yeux de chat-huant;
Son ventre flasque est mort. Y était-ce un bruant,
ou un enfant des fées ? Sa mémoire est ténue.
Elle est morte en travail, et n’a pu l’élever;
Une nuit lui reviendra son trousseau final,
Et quitteront ensemble la lande hivernale
La mère et, dans les bras, son enfant retrouvé.
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