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24 février 2014

Chérissez l’ombre
Qui coulisse dans les portes
Et lèche le carrelage

Ôtez la poussière des meubles
Et de derrière les meubles
Pour que le vent ne s’y salisse

N’emplissez pas vos placards
N’y emplissez pas vos bocaux
N’en couvrez pas la table

Laissez le soleil tacher la nappe
Et les nuages, les cuillers
Regardez luire la chaise de bois

Si vous marchez dans le jardin,
Ne foulez pas deux fois la même herbe
Oubliez de surveiller certaines fleurs

Il faudra s’habituer à laisser de la place
À ceux qui vivent dans les empreintes
Et ne s’aventurent pas hors des miroirs

Lorsqu’ils passeront dans le monde sensible
Leur forme vous sera plus familière
Que tout ce qui vous fut compris

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19 octobre 2013

Chaque train conduit le long de trains anciens et la pellicule de poussière et la terre des semelles et le creux unique des sièges souviennent des trains venus d’ailleurs et passés et partis morts peut-être caravanes de ferraille dégrisées où flottent entre les parfums d’huile et de lierre des feuilles tombantes qui en silence rappellent avoir aperçu le ris d’une nixe et descendent sur le plancher pour toujours tandis qu’un train m’emporte à travers nuit sans lointain.

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12 juillet 2013

 

Seule
Je n’ai rien à donner aux heures ingrates
Tous sont rentrés
À l’ombre des habitudes
Dans la fraîcheur de ce que l’on attend
Je suis dehors
Et je marche dans la
Poussière.
Lovée
À mes pieds il y a cette ombre
Qui vague sur le chemin
D’autres allongés n’en ont pas
Ils se reposent dans l’herbe
Il y a des arbres auprès d’eux
L’air intraitable me pousse comme
Un corps vivant.
Le crissement
Des cailloux est un bruit tiède
Et je rêve du gros froufrou de l’océan
Je foule mon attente et
Mes questions se taisent
Dans un rythme de sac et de hanche
Il n’y a rien à chanter à
Personne.
Bleu
Est très fort partout
C’est le seul sentiment possible
Au bord duquel je marche
Le sable me dévorant les pieds
Mais en comprenant chaque forme
Chimère comme l’eau je n’ai de trait sur la
Face.

 

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27 mai 2013 – En Fiance

Dans cette demeure les murs

Ne servent qu’à tenir le toit

Au-dessous de la pluie

Du feu des jours et des nuits

À arrêter les colères du vent

Et les portes battent en riant

Des mains

Ou pivotent consciencieusement

Le doigt

Sur leur grincement

Pour ne pas réveiller

Le chat qui dort

L’enfant qui lit

La mouche qui rêve.

L’araignée sur la fenêtre

Ne s’occupe tout le jour

Que de philosophie

Et regarde tourner la poussière

D’un air entendu

Saluant ses ancêtres

Ses amants

Ses enfants

Dans les deux-quatre reflets

Des vitres

Et quand viennent les gens

Et sur leur visage creux

Le soir

Elle salue pareillement.

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Mauvais voyage (21 mars 2008)

 
 
Prenez
Ce cœur de poussière molle
Cet esprit qui exhale des vapeurs de putréfaction raisonnable ;
De leur corruption conjointe émane, déroutante
De la pensée dégrafant la pensée et tournant
Ne pleurez pas
Les larmes ont formé des moisissures infâmes au fond de ce crâne
Mais si, à présent, tout est glace et cristaux aux pointes aiguës
Puisque tout gèle, craque et meurt
Il n’y aura pas besoin du vermeil d’arabesques crissantes gravées dans le cuivre doux  
Attendrez-vous ?
Pas de brasier au fond des abysses
Il y a des anges morts qui me regardent, et leurs yeux ne sont pas emplis d’azalées.
 
 
 
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