Plastique, Voyages

7 avril 2015

Frederick Childe Hassam - Lilies 2Frederick Childe Hassam, Lilies 2

 

Elle a passé comme une pluie
Sur moi la nuit
M’a arrosé
L’âme et laissée désaltérée

Comme un étang
Où les nymphéas tremblotants
Trempent leur plume en s’avisant :
C’est le printemps

Pareille à un pré dépeuplé
Sous la rosée
Mon âme luit
Claire comme un onyx poli

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28 novembre 2014

(Illustration : Mélodie de Fauré sur un poème de Jean Moréas : )

Comme une oreille murée
dans un creux de la terre
sous-bois
douillet où
entre les racines les feuilles tomberont
duvet roux, mosaïque
mille pièces d’une courtepointe
La pluie gouttera
la boue montera
baignant le lit
de l’immobilité
où bientôt les animaux auront provende
et la terre engraissera
Le givre prendra
et ce sera confortable
avec les odeurs
de passer
L’hiver
peut-être la neige cherra-t-elle
comme ces draps blancs
bras de poussière
sur les meubles d’inutilité
perdus dans des salles obscures
peut-être que de vieilles branches
craqueront
L’année qui reviendra fera pousser
de la mousse
des primevères
les pulmonaires n’auront jamais été si belles
entre les barreaux rincés
de la cage devenue généreuse
Le bassin fécondé servira de repaire
aux insectes de l’humidité
la courbe de la colonne renversée
se piquera de pommes de pin
et de la boîte
le sauvage souci enfin
sortira

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1er mai 2014 – C’est cent fois mieux (Essai parolier)

À mes yeux, formidable
C’est cent fois mieux que raisonnable
Incontestable
Elle est de mes amis
Ell[e] pourrait êtr[e] n’importe qui
N’importe qui

Un jour elle est partie
Dans ses mains son courage
Son cœur très pur dans ses bagages
Elle a suivi un rêve
Le rêve de sa vie
Pied de nez aux jours gris

Elle est de mes amis
Ell[e] pourrait êtr[e] n’importe qui
N’importe qui
Mais elle est formidable
C’est cent fois mieux qu’inébranlable
Incontestable

Et son rêve passait
Par le lieu d’un bonheur
Pris dans une vie antérieure
Mais elle est dans le noir
Elle ne sait plus bien
Si ce bonheur était le sien

Alors je lui redis
Qu’on ne met pas en cage
Les chats, les oiseaux, les orages
Que quand la pluie s’achève
Les ruisseaux sont remplis
Sillonnant le pays

Et qu’elle est formidable
C’est cent fois mieux qu’inoxydable
Incontestable
Pour moi c’est une amie,
Non, ce n’est pas n’importe qui
N’importe qui

Nul n’a vu ni ne sait
Jusqu’où s’étend son cœur
Ni ce qu’elle a vaincu de peurs
Elle est seule à pouvoir
Retrouver son chemin
L’éclaircie n’est pas loin

Et comme elle est partie
Reprenant ses bagages
Elle franchira le barrage
À la source du rêve
Car le monde est petit
Et vaste le pays

Elle est de mes amis
Ell[e] pourrait êtr[e] n’importe qui
N’importe qui
Mais elle est formidable
C’est cent fois mieux qu’ininflammable
Incontestable

On n’apprend, je le sais,
Jamais de ses erreurs
Parce qu’il n’y a pas d’erreurs
Mais des pas dans le noir
Et quand on n’y voit rien
Les amis sont sur les chemins

Elle, elle est formidable
C’est cent fois mieux que raisonnable
Incontestable
Elle est tous mes amis
Et pourrait êtr[e] n’importe qui
N’importe qui

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13 janvier 2014

 

I.

Dans cette main vide il y a
Un creux
Deux fois deux fois deux années
Tassées
Qui se déplient comme des voiles
La barque
N’est pas au port, ni le pin, mât
Puis les
Années fusent et sont passées
Dans cette main vide il y a
Un mur
Du plomb dont on fait les bourdons
Muet
Gaspillage d’un ciel de lait
Dans cette main vide il y a
Un lac

II.

 

Passant la main sur un mur mouillé
Je rencontrerai des épines
Je tremblerai doucement de peur
Qu’elles me déchirent la peau
(Cette peau neuve et non
Encore éprouvée)
Et en me guidant au son
De la pluie ruisselante je
Trouverai les roses les yeux
Fermés palpitantes de couleur
Inconnue prête à se diluer
Et j’écouterai :
Faudra-t-il cueillir les
Roses ? Je ne sais.
Les épines me diront ;
Je saurai.

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13 juin 2013 – Impressions d’un retour

La terre est une épaule
Qui attend arrondie
Le baiser
La morsure du soleil

Les nuages cette griffure
Inversée
Souris de fumée

Vers Nantes nuages
Enceints
Épongeant les lueurs
Filamenteuses
De l’horizon

À nouveau bocages
Petits  champs
Pommelés
Dans le secret des arbres
Ramures
Du ruisseau

Longé le bruit
D’un camion
Beige
Et jaune, ocre
Sa benne oxydée

Naît une dentelle
De pluie sur
La vitre
Tissée de
Haut
Devant
Et il n’y a plus
D’horizon.

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