Voyages

17 mai 2009

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J’ai perdu mon chemin et j’ai perdu le temps
De regarder le monde le cœur dans les yeux.
J’ai perdu le courage et je ne sais pas mieux
S’il existe en moi cet invincible printemps.

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On dira ce qu’on veut mais je sais que le monde
N’attendra pas longtemps que je prenne le pas ;
On croira ce qu’on veut mais la vie n’attend pas ;
N’atteindra que néant la marche vagabonde.

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Deux routes se croisant tendent un carrefour ;
On évite les flaques ; voilà le petit jour ;
Le vent balaie les feuilles et l’éclat dégringole.

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Le diable malveillant nous attend au détour.
Perclus et hésitant, l’œil vague aux alentours ;
Il faut courir tout droit, chante le rossignol.
(J’ai récupéré un brouillon de février 2006; les 7 premiers vers sont d’origine.)

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31 janvier

 
 
Désarroi.
Je ne sais pas ce que je fais là, où que soit là.
Parfois je n’arrive pas à faire taire cette envie de rentrer chez moi, de me retirer, à l’abri du monde extérieur.
J’aimerais être chez moi quelque part ; j’aimerais pouvoir en partir et y revenir.
J’aimerais savoir d’où partent mes pas.
Je sais seulement où ils vont.
Nulle part.
 
 
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5 janvier 2009

 
Quand le monde dévide trop d’interminables abîmes
Qui étirent tristement l’ombre portée d’une vie
Jonchée de ces minutes que l’aiguille seule imprime,
Quelques rondes infinies passant pour des décennies ;
 
Comme l’aube maladive attend toujours le soleil,
Et qu’un vague souvenir étend l’ancien crépuscule
De l’âme à l’oeil, cependant que gît la nuit sans sommeil
Couleurs tues y pullulant, pensées jouxtant la virgule ;
 
Alors qu’on sait détraquée la subtile mécanique,
Que le plus pur enthousiasme a heurté l’air ricanant,
Que seul soutient l’édifice l’enfant en soi qui panique
Devant sa vie morcelée, froid puzzle aux bouts tranchants ;
 
Si chaque pas résonne dans le vide assourdissant
De gens qui n’existent pas, des rêves qui ont cessé,
Au bord muré des fenêtres élancés et trépassant,
Que le calme est apparent mais le mouvement forcé ;
 
Restent ma vie que j’ai prise et qu’il faut que je rédime
En rendant ce qu’on m’offrit, il est temps, je le redis ;
Mon petit cœur qui palpite, insolent qui me réveille
En refusant d’abdiquer, et toujours la nuit recule.
 
Restent ces instants fleuris, à mon chapeau je les pique ;
Chaque rose a des épines ; tout destin a son piquant ;
Il fut des sourires fortuits ; je n’aurais pu m’en passer
Et à vous – qui l’ignoriez – je dis merci en passant.
 
 
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30 octobre 2008

 
Dans le jour rabougri, au velours du ciel gris
Naît le pourpre et charrie le mépris à l’entour
Des détours de l’esprit, et fleurit le pas lourd –
Dans l’aujourd’hui souris – des « toujours » amoindris.
 
Colibris en discours, en flatteries vautours
Je me ris de vos tours, je recourbe vos cri-
Ailleries sans tambours ; je suis sourde et sans cri :
L’amaigri fleuve Amour s’est tari en retour.
 
Les beaux jours ont pourri ; les atours ont flétri
Tout recours a péri des soieries du parcours
Qui m’entourait ; j’écris : coloris troubadour ;
Demi-jour qui mûrit… je n’encours qu’incompris.
 
 
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