Voyages

17 septembre 214

Si je m’assieds à la surface de l’étang
Sans t’y voir
Tout jour j’entends
Passer le vent gréé qui n’a pas de mémoire
Et se faire des vagues ridant son sillage
Sur l’étang
Qu’est mon visage
Et l’écho de ton pas muser de temps en temps

Quand tu viens me chercher en des yeux sans miroir
Sur mon bran
Tu sens le soir
Croisant tous les voiliers quittés par le jusant
Et les désespérances des caps ; fais-toi blanc
Sous la page
Rêve et attends
Que mes yeux vieillissants restent couleur d’orages

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Autres, Musique, Voyages

5 août 2013

 

 

Mais te voilà – enfin – je ne t’attendais plus
Alors tu es venue par les douves
Quand on se retrouve
Ça
Tombe
Toujours à pic
Tu me fais rire

Viens, chantons, ce n’est pas sourcier
Sans musique, dis après moi

Si je t’attrape
Je te mange
Si je t’attrape
Je te mange
Si je t’attrape
Je te

Mais tu n’es pas venue seule, qui sont tous ceux-là
Ainsi soient-ils tant qu’ils n’entrent pas
Car je n’en veux plus
Chez
Toi
Tourne-toi
Tout se fait la malle

Ferme mes yeux, suis et dansons
Il n’est aucun pas, à nous deux

Si je t’attrape
Je te tue
Si je t’attrape
Je te tue
Si je t’attrape
Je te

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Santé et bien-être, Voyages

17 novembre 2012

Parmi la foule sans visages, mes pas les ont vus avant moi

Au beau milieu des corps sans âme, des mannequins de cire froide,

Resplendissant sous l’ombre bleue dansaient tes étoiles de jade :

Sur toi Zuben Eschamali avait un frère siamois.

Et je te vins

Tous les soleils ne m’étaient rien

Tu fus bientôt chant à ma bouche, en clef de sol

Et tu jouais de mes cuivres une romance sans paroles,

Ivoire tremblant sous mes mains déroulant une ivre carole,

Je te sus argile et te fis pin parasol

Femme, serpent, je te retins

Pour dit, en vain.

Peux-tu me tailler un calame, tanner une peau de chamois,

Rester d’encre – je t’y peindrai, baiserai tes vertes Cyclades,

Appliquerai deux fois, pleines de leur couleur, mes lèvres roides –

Si je m’endors le ventre creux pour que tu reviennes à moi ?

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Voyages

24 février 2010

La femme désolée comme la lande grise,
Assise sous le vent, ne voit pas les étoiles;
Courbée au bord du ru, elle amène la toile
Déployée au courant d’une triste chemise.
Absorbée par l’ouvrage, elle ne parle pas;
Mais son corps douloureux oscille, un peu crispé;
Elle fredonne une très vieille mélopée
Pour ceux qui ne reviendront jamais sur leurs pas.
La femme contenue comme la lande ardente
Arpente en ses pensées d’autres lieux, elle, encore,
Qui n’a jamais vu Rome et ne croit plus l’aurore;
Mais, lasse, elle poursuit sa tâche débordante.
Et ses mains vont et viennent, ainsi que l’eau amère,
Savonnant et battant le linge et les affronts
Ainsi, le tout dernier toucher que sentiront
Ces gens sera l’empreinte des mains d’une mère.
La femme dévastée comme la lande nue
Est fluette; elle a de grands yeux de chat-huant;
Son ventre flasque est mort. Y était-ce un bruant,
ou un enfant des fées ? Sa mémoire est ténue.
Elle est morte en travail, et n’a pu l’élever;
Une nuit lui reviendra son trousseau final,
Et quitteront ensemble la lande hivernale
La mère et, dans les bras, son enfant retrouvé.
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