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(peut-être mars 2015)

Il faut écrire sur les voyages (on the car) ; si les impressions manquent de la distance souhaitable pour les jauger tout entières, avec celle-ci vient souvent la fadeur ; souvent aussi, l’oubli. J’aime voyager, au moins me déplacer, être portée par un véhicule et glisser dans le monde en le voyant changer d’apparences. Quelques pauvres jours passés au contact d’êtres qui me sont chers rouvrent sur le monde les fenêtres qui sont dans moi et je sens plus que jamais les similarités – non toujours de vues, mais des paysages intérieurs où peuvent s’ébattre nos pensées – qui nous attachent. J’ignore si les terrains intellectuels, plus que ceux de l’art, me sont une indispensable patrie. Je connais à présent combien mes sensations ont plus de vie après que j’ai secoué comme un chien qui sort de l’eau la gangue paisible où ma raison fossilise inachevée. Alors que de stériles discussions, avec des esprits légers ou obtus me laissent vidée, déconfite et, si mon vis-à-vis a plus de tenue que moi-même (hélas, c’est souvent le cas), ébranlée, morcelée, vide des arguments qui dirigent ma conduite et me reviennent une fois quitté le champ de bataille, les âmes éclairées et éclairantes me poussent au contraire à dégrossir chacune des formes que j’ai pressenties, à la ciseler jusqu’à ce qu’elle supporte leur sceptique attention, qui se posent sur des détails qui m’étaient jusqu’alors insoupçonnés. Dans la surprenante inquiétude qui m’habite, moi qui raisonne et ambitionne de vivre en dépit de lui, du jugement d’autrui [


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Divertissement, Non classé

Samedi 3 mars 2012 – Pour Enfances

Qui n’aime à se griser de ces tendres regards

Retournés – croit-on – vers cette époque embellie

Par des parures d’or, et rêvée si jolie ?

Pour soi-même l’on a de curieux égards…

À tendre de vertes tentures l’on s’égare,

Entre lesquelles joue un pantin dépoli ;

Voulant qu’en son décor, l’insouciance ait pâli,

D’innocents coloris on l’anime, mais gare !

C’est que ce petit corps pendu à des poulies

– Notre re-création – n’incarne que l’oubli

D’entraves juvéniles ôtées au fil des gares.

L’inconscience a vécu ; le temps s’est établi,

La force originelle, intacte, entre ses plis ;

Libre de nostalgie, l’horizon se bigarre.

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Autres

28 février

 
Je ne vois pas poindre l’oubli, tu sais ; demeure tant de colère… il devrait s’abattre d’un coup, le chêne – le grand chêne frappé par la foudre. Pleurer ?
 
Je ne peux toujours pas.
 
J’aurais voulu faire long, quelque chose comme un hommage en forme de complainte, une combinaison de mots rêveurs que tu n’aurais pas aimée.
 
Je ne peux toujours pas.
 
Je ne les ai pas entendus, tu sais; je me rappelle trop souvent ce soir où je n’ai pas entendu les couteaux chanter… j’aurai voulu – je regrette tellement.
 
Je ne peux toujours pas.
 
 
 
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Voyages

25 janvier 2008

 
Pas de malle aux trésors
Mais un carton rempli
De mémoire et d’oubli
Et voici que j’en sors
 
Des reliques d’époque
Aujourd’hui révolue ;
Elle n’était pas voulue
Mais elle était baroque.
 
J’avais un peu grandi,
Arrêté de vieillir
Et appris à cueillir
Le fruit presqu’interdit
 
Ce fut un entre-temps,
Le temps d’un aperçu
Il reste des tissus,
Des boucles et pendants ;
 
Des éclats d’escarboucle
Accrochés à ma vie
Ne reste qu’un lavis,
Et le cercle se boucle.
 
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