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28 novembre 2014

(Illustration : Mélodie de Fauré sur un poème de Jean Moréas : )

Comme une oreille murée
dans un creux de la terre
sous-bois
douillet où
entre les racines les feuilles tomberont
duvet roux, mosaïque
mille pièces d’une courtepointe
La pluie gouttera
la boue montera
baignant le lit
de l’immobilité
où bientôt les animaux auront provende
et la terre engraissera
Le givre prendra
et ce sera confortable
avec les odeurs
de passer
L’hiver
peut-être la neige cherra-t-elle
comme ces draps blancs
bras de poussière
sur les meubles d’inutilité
perdus dans des salles obscures
peut-être que de vieilles branches
craqueront
L’année qui reviendra fera pousser
de la mousse
des primevères
les pulmonaires n’auront jamais été si belles
entre les barreaux rincés
de la cage devenue généreuse
Le bassin fécondé servira de repaire
aux insectes de l’humidité
la courbe de la colonne renversée
se piquera de pommes de pin
et de la boîte
le sauvage souci enfin
sortira

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1er janvier 2014

Un premier texte pour commencer deux-mil quatorze :

Le chat qui dort est une colline ;
Les herbes hautes grises et rousses
Sont d’une lune les jeunes pousses
Chassées par le frisson des narines ;

L’ample oreille se dresse, terrible
Orée du puits où l’énigme enclose
Gîte, sonore, en son ombre rose :
Bruissant dédale au corps du terril.

Huit âmes chasseresses dessinent
Une ronde pierre chaude et douce,
Une danse espiègle sous la mousse ;
Chat, spirale, veille – cairn et mine.

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18 février 2006

 
Étranges sont les sons qui montent de la terre
Lors que nulle oreille ne les vient troubler
Et pur est le silence, si pur qu’il est chanté
Par le rayon de lune qui rêve sur la pierre.
 
Tranquille, paisible, coule, cristal liquide, l’onde
Argentée, miroitante, silencieusement libre
Et nimbée de reflets chatoyants, changeants, ivres
De leur propre éphémère, et de celui du monde.
 
Mais si loin est la mer de la Tranquillité
Et si long le chemin qu’il me faut renoncer
A suivre un destin tracé dans la lumière
 
Mais comme une âme errante, je ne peux que passer
En recherche de ce que je ne peux trouver
Comme le vent songeur qui poursuit la rivière.
 
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