Actualités et politique, Santé et bien-être, Voyages

1er janvier 2014

Un premier texte pour commencer deux-mil quatorze :

Le chat qui dort est une colline ;
Les herbes hautes grises et rousses
Sont d’une lune les jeunes pousses
Chassées par le frisson des narines ;

L’ample oreille se dresse, terrible
Orée du puits où l’énigme enclose
Gîte, sonore, en son ombre rose :
Bruissant dédale au corps du terril.

Huit âmes chasseresses dessinent
Une ronde pierre chaude et douce,
Une danse espiègle sous la mousse ;
Chat, spirale, veille – cairn et mine.

Par défaut
Non classé

12 juillet 2013

 

Seule
Je n’ai rien à donner aux heures ingrates
Tous sont rentrés
À l’ombre des habitudes
Dans la fraîcheur de ce que l’on attend
Je suis dehors
Et je marche dans la
Poussière.
Lovée
À mes pieds il y a cette ombre
Qui vague sur le chemin
D’autres allongés n’en ont pas
Ils se reposent dans l’herbe
Il y a des arbres auprès d’eux
L’air intraitable me pousse comme
Un corps vivant.
Le crissement
Des cailloux est un bruit tiède
Et je rêve du gros froufrou de l’océan
Je foule mon attente et
Mes questions se taisent
Dans un rythme de sac et de hanche
Il n’y a rien à chanter à
Personne.
Bleu
Est très fort partout
C’est le seul sentiment possible
Au bord duquel je marche
Le sable me dévorant les pieds
Mais en comprenant chaque forme
Chimère comme l’eau je n’ai de trait sur la
Face.

 

Par défaut
Autres, Divertissement, Voyages

19 janvier 2013

Dans la terre gelée des sabots sont plantés

Sans presque la matière heurter qui tout enchâsse

Affleure en l’ombre blanche une empreinte bleutée

Du bout d’un doigt discret le temps mime un envol

L’étoile du ballet est la vaine clarté

Les tableaux vacillant sont de la même chasse

Immuée, à jamais, l’illustre opacité ;

Dans la terre plantée de sabots glisse un vol

– Ombles, tanches, arc-en-ciels, souvenance effrontée,

Vision inconséquente et néanmoins tenace,

Des jours avant la glace ; or au vent arrêté

Les prairies effleurées saisies par le survol

De l’astre pressenti sont nues ; une beauté

Nuageuse exhume l’étang sous la menace.

Par défaut
Divertissement, Voyages

13 janvier 2013

I.

J’aurais voulu une écriture « rayonnante », qu’il suffit d’imaginer.

Nageons seuls (sur la lune) en rêvant aux jours meilleurs

Qui (pardon pour la semelle épaisse et qui fait mal)

Viendront (douleur d’avancer) flottant sur le canal

Carpien (l’horizon versé), retour à l’envoyeur,

De rayons (de poussière levée) tombés d’ailleurs

Sur notre ombre (abîmée), que jette un ondin fanal,

Où se profilent (sort) d’odieux poissons d’argent sale

Chaque soir (jeté) que nous, pétris de couleurs,

II.

Laisser le silence ——————- de la raison ——————————————— obstruée
——————— emplir ————————- jusqu’à ce —————— totalement —————.
—————————— les voies ————————— qu’elles soient ————————–-s

Par défaut
Voyages

11 décembre 2010

Des paroles sont hypocrites, qui singent l’humanité et l’amour avec plus de véracité que l’amour vrai.
Je regarde par la fenêtre et mes yeux tombent sur le parking désert ;
Un chien noir allonge sa silhouette sur la neige blanche, se pointille un chemin argentique.
J’ai froid et il est vain de me parler en ces moments où mon esprit s’est glissé derrière mes yeux.
Le bonheur immense de lire est encore perdu, puis retrouvé.
Les tambours invisibles ne m’ont pas encore troublée, faisant resurgir mon intime fureur.
Un soir va s’immiscer.
Je marcherai seule dans la nuit et dans la boue, sous une pluie noire ;
Les arbres, barreaux protecteurs, me cèleront, isolant chaque endroit, chaque instant en lui réservant sa singularité.
J’entreverrai des bizarreries et une famille de corneilles veillant sur mes pas – avec gravité – du haut d’une fourche noire déplumée.
Mon cœur plein de son vide sera disponible au repos de tous les esprits silencieux.
Je créerai un autre espace, à force de ne plus voir celui-ci.
Je retrouverai les lueurs et le bruit, et je retournerai vers l’ombre et tous ses silences humides.
Les chemins que je devinerai seront bosselés et minces comme la roue des vélos qui les ont dû ouvrir.
Il n’y a pas dans l’univers que je peux pressentir de sens aux mots tels que peur, lassitude, angoisse.
J’y avancerai, émerveillement sans limite et sans partage ; ma solitude est l’inverse de la solitude.
Mon itinéraire est une boucle où tout sera nouveau sans m’être étranger.
L’eau, au milieu, est sans parole et ne me ment donc pas.
Je ne lui parlerai pas non plus. Je rentrerai, longée par les arbres, et j’aurai encore changé – Je suis comme le ciel ou comme l’eau salés.
Il n’y aura pas de désir autre que celui, tranquille, qui mène sur la vie.
Je ne connaîtrai pas encore Nick Drake.
Je m’allongerai, dans ma nuit qui était vide de couleurs et vide de moi. Il fera bon et plein.

Par défaut