Plastique, Voyages

7 avril 2015

Frederick Childe Hassam - Lilies 2Frederick Childe Hassam, Lilies 2

 

Elle a passé comme une pluie
Sur moi la nuit
M’a arrosé
L’âme et laissée désaltérée

Comme un étang
Où les nymphéas tremblotants
Trempent leur plume en s’avisant :
C’est le printemps

Pareille à un pré dépeuplé
Sous la rosée
Mon âme luit
Claire comme un onyx poli

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Marché obscur (09/01/2016)

 

La ville est calme
Les avions sont partis
La mine grise
Où sont les gens ?
Les pavés où tout dort
Ont vu éclore
En une nuit
Mille jardins fleuris
Que vaut cette célère
Et gaie merveille ?
Rosée amère
Sur un terreau vermeille
La ville est calme
Les avions sont partis
Les gisants gisent
En contrechamp.

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Santé et bien-être, Voyages

16 décembre 2013

C’était poussières et buée, sacs plastiques, contreplaqué ;
La tristesse suintant des murs chancelait entre les cartons
Je ne sais plus à quel étage ; on y montait sur le béton
D’une cage glaciale et nue ; l’endroit ne m’a jamais manqué.

Il fallait bien qu’on y passât deux quatorzièmes de ses jours
À sentir le temps trépasser ; et avant même d’y descendre
On portait le deuil du ciel bleu dans l’avenue couleur de cendre
Clouée d’étiques tilleuls debout là pour de mortes amours

Comme entre eux, les talons hautains et les cous de pied souffrants,
(Sans être perçu par l’enfant dont les yeux traversaient le monde)
Suisse en sa livrée de nylon, tout à son immobile ronde,
L’homme au sourire peint qui le vendait à tous offrants.

On pratiquait masque de morgue et lourd manteau de transparence,
Parfois, de paroles acides titillant son désespoir
Ou regardant vieillir, quand on ne l’évitait pas, le miroir
Mais se cloîtrant le plus souvent dans les yeux mi-clos du silence ;

La pédale d’une Singer ne chantait pas pour nous le soir
Sous la glace de nos cahiers réfléchissant l’affreux meublé
Et puis on se gelait le cœur à deux dans un lit sans parler,
À ne pas dormir, immobile, à moins d’un violent cauchemar :

L’enfant était pris de frissons, son pied froid heurtait mon genou
Tandis que, les yeux béant sur une sombreur pis que la nuit,
J’entendais chacun, dans le noir, et au-delà, comme d’un puits,
Des trains express entrés en gare, un par un, s’en aller sans nous.

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19 octobre 2013

Chaque train conduit le long de trains anciens et la pellicule de poussière et la terre des semelles et le creux unique des sièges souviennent des trains venus d’ailleurs et passés et partis morts peut-être caravanes de ferraille dégrisées où flottent entre les parfums d’huile et de lierre des feuilles tombantes qui en silence rappellent avoir aperçu le ris d’une nixe et descendent sur le plancher pour toujours tandis qu’un train m’emporte à travers nuit sans lointain.

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21 juin 2013 – Noirvoyances

[youtube:http://youtu.be/kw-U9PERRv0%5D

C’est juin qui parle
Nuit de juin, cent-sept ans
Tu vois d’un vin qui n’a plus de goût
Ce noir il a plu
Comme
L’avidité passe et la passion
Reste
Encore un peu

Je n’ai rien
À dire que ce qui passe
Par moi
Passe

Tout erre
Juin sans bruit
Les ciels purs
La jeunesse
Il n’y a
Rien à comprendre
De juin
Il paraît qu’on a bu

Je ne garde rien
Passent les choses
Les gens
Aussi je vois

Les cimetières pleins
De morts qui n’y sont pas
Les visages erronés
Les corps
Intacts
Mes mains courent
La nuit mange la nuit
Il fait tellement beau

Je ne suis
Que de passage
Aussi vois-tu
Ce que je dis…

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