Voyages

27 novembre 2006

 
Regardez-les marcher, voyez, ma bonne dame
Comme ils vont, nonchalants, méprisables d’aisance
Et de rapidité ; sur leur front se balancent
Quelques mèches trop longues assombrissant leur âme.
 
Ils nous narguent en passant, regard fier ! et leurs yeux
Habilement cachés dont l’éclat les trahit
Sauront les diriger, même par noire nuit
Vers de sombres desseins dans de sordides lieux.
 
Que dites-vous, Madame ? Se peut-il qu’en leur tête
Sous leur front dont la peau est stupidement lisse
S’arrête un jour ou l’autre quelqu’idée honnête ?
 
Et vous me traitez, Dame ! de vieille femme aigrie ?
Mes yeux sont souffreteux, mes pieds débiles glissent,
Mais jamais n’oublieront que jeunesse on me prit.
 
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17 octobre 23:17

Je commence déjà à fatiguer, à me traîner comme une loque…
Pas faite pour vivre sous la grisaille ; pas faite pour affronter la pluie et le froid ; pas faite pour me lever avant le soleil…
Et pourtant, d’autres individus arrivent à survivre, mieux! à rester nonchalants et épanouis malgré le manque de lumière (qui n’en est donc par un pour eux…). Faudra qu’ils me donnent leurs « trucs », à moi dont l’humeur se ressent du moindre nuage cachant le soleil. Je ne sais pas si c’est normal, si ça se soigne ; j’ai mis énormément de temps à m’en rendre compte, presque toute ma vie en fait (peut-on parler d’empathie avec des éléments sans âme qui ne ressentent ni joie ni douleur ?).
Paradoxalement, l’amélioration de mon humeur correspond à une chute significative de la qualité de ce que j’écris (j’allais mettre « de mes écrits » ! on ne s’auto-encense jamais assez, n’est-ce pas ?) – il suffit de parcourir les billets « estivaux » et de les comparer aux autres. Je comprends, en partie du moins, la Mélancolie cultivée par les romantiques ; même si je n’ai ni leur style ni leurs qualités d’écriture (que je ne recherche pas plus, de toute façon, que le raisin – trop vert ! – du renard de La Fontaine), je pense que je vais me remettre à versifier, dès que j’en aurai le temps – donc l’ennui.
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