Divertissement, Voyages

4 décembre 2014

Il aimait tant jouer
Comme d’autres jouent bien des coudes
Avec grâce jouer des points

Il noircissait des pages blanches
Pour cesser de penser à mettre son point
À la ligne

Les gens diligents lui disaient
Non, vous ne pouvez point
Vivre entre les mots votre vie

Mais lui n’écoutait pas
Il passait son temps à écrire
Un jour ouvrit grand ses deux points

Entre guillemets se déclara
À une belle, des points
d’exclamation dans la voix.

Mais elle craignait trop ses points
Puis aimait tant les mots
Qu’il en resta au même point.

Il était temps d’un point
-virgule, se dit-il ; et, partant
Il s’en alla sur les chemins

Et dans ses pas sans le savoir
Il semait des points et des points
D’interrogation

Les gens diligents lui redirent
Cessez, mon ami, vous
N’obtiendrez pas un seul bon point

Alors quand on eut bien
Sur is remisé tous ses points
Un jour on le trouva dansant

Dans la lumière d’un réverbère
Corps gracieux sous le dernier de ses points
De suspension

Publicités
Par défaut
Actualités et politique, Santé et bien-être, Voyages

10 juillet 2013

__

__La canicule sous mon crâne
Les premiers avaient dû nommer tous les êtres
__Et moi faisons si lourdement
Pour leur passer au col une longe de mots
__Un murmure au sang de platane
Et les démons des temps d’avant murs et fenêtres
__Qui s’étrangle en crachotement
Dû recercler l’échine et ravaler leurs maux

 __

__Chevaux feu et canards vapeur
Runes et hiéroglyphes avaient plus d’un sens
__Longent les sinuosités
Et des dynasties mentaient en langue des dieux
__Ceignant de grands yeux qui font peur
On gravait le cri des enfants à leur naissance,
__Au fond d’anfractuosités
Enterrait des amulettes aux nuits d’adieux

__

__Voix métalliques occitanes
Les langues de feu apprises par les ancêtres
__Renvoyées en rire dément
Crient les monstres approchant des hameaux
__Cuisent en dessous du bucrâne
Hurlent psaumes, tournent roues et pleuve salpêtre
__Que je porte pour firmament
Tous aux asiles excanter les guillemots

__

Par défaut
Autres

28 février

 
Je ne vois pas poindre l’oubli, tu sais ; demeure tant de colère… il devrait s’abattre d’un coup, le chêne – le grand chêne frappé par la foudre. Pleurer ?
 
Je ne peux toujours pas.
 
J’aurais voulu faire long, quelque chose comme un hommage en forme de complainte, une combinaison de mots rêveurs que tu n’aurais pas aimée.
 
Je ne peux toujours pas.
 
Je ne les ai pas entendus, tu sais; je me rappelle trop souvent ce soir où je n’ai pas entendu les couteaux chanter… j’aurai voulu – je regrette tellement.
 
Je ne peux toujours pas.
 
 
 
Par défaut
Autres, Divertissement, Non classé

Premier Amour (13 janvier 2007)

 
Je l’ai aimé comme aime la jeunesse. Il était plus indépendant que moi, peut-être un peu plus âgé aussi. Ses parents lui avaient offert son propre moyen de transport. Il faisait crisser les roues sur le goudron ; il venait chez moi, je l’attendais ; je le menais dans ma chambre, et là nous jouions aux jeux innocents auxquels on joue à deux lors que l’on a cet âge.
Il avait un prénom de petit dieu celte, un regard vif et bleu et des cheveux blonds comme des cheveux de tout petit enfant.
Je me dis parfois qu’il ne m’aimait pas vraiment. Jamais il ne l’a dit explicitement, et je n’ai pas mendié les trois mots qui m’en auraient assurée. Quand il est parti pour la grande école à laquelle ses parents le destinaient, je n’ai pas reçu de lettres de lui, et depuis lors je ne l’ai plus jamais revu. Mais parfois je ne peux pas m’empêcher de repenser à lui…
Je le revois encore, grand et fier comme dans mon souvenir, son engin lancé à fond dans la rue étroite de notre village, les cheveux rendus fous par la vitesse, les deux mains fermement serrées sur le guidon.
Ah ! qu’il était beau sur son tricycle !
 
Par défaut