Voyages

Déjeuner au jardin (20 juin 2008)

 

Voici encore un texte écrit ce matin pour un jeu de rôle !

 

Ils sont venus à grand fracas, perçant les bois, sonnant le cor ;

Ils sont venus donner la mort ; les habitants déjà s’enfuient.

Des traînards tapis sous l’ombrage cherchent à se fondre en ce décor.

 

 

Las, les palefrois sont lancés sur les fuyards encor trop lents ;

Ils sont rattrapés, haletants, raillés et passés par les armes ;

Leurs assassins prennent les corps, le faciès cruel et sanglant.

 

 

Ils n’auront pas de sépulture ; nulle cloche et nul musicien

Ne célébreront leur trépas en ce temps trouble où l’honneur fuit ;

Les dépouilles seront léchées, encor fumantes, par les chiens.

 

 

Les châtelains sont très affables ; sur l’herbe ils accueillent un convive.

« Sens, invité, ce doux fumet, et joins-toi au joyeux vacarme ;

Goûte ce cru aux reflets pourpres ; ce matin la chasse fut vive. »

 
 
 
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13 novembre 2007

 
La conque du temps résonne : la voix
Aux accents divins a un ton meurtri,
face aux bris de ce qu’elle avait pétri
Pleure Kybèle, Kybèle ! Le Monde est en marche.
 
Voici que déjà surgissent du sol
– Terre nourrissant Blés et Tournesols
Dont les hommes ont fait, de leurs mains avides
Plaine dévastée aux entrailles vides –
 
Les tours violettes, et octogonales
Qui lancent leurs flèches à la verticale:
Élans silencieux, assauts démentiels
Des crêtes d’acier pour percer le ciel.
 
Des nuées croulant fondent les convois
De monstres sublimes, que montent, hurlant
Les héraults casqués : Humain, qui, si lent,
Fuis vers ton abîme – cette fois point d’arche  –
 
Et qui que tu sois, ne crains pas la mort
Face à laquelle frémirent ! tes aieux
Au sang incarnat coulant sous des cieux
Que striaient parfois les grands sycomores :
 
Impudent, tu as cru emplir le monde ;
Ton âme à jamais perdue vagabonde
Tandis que de tes crocs, déchiquetant
Espoirs et Beautés, crève le printemps.
 
Ton chœur impatient n’admet qu’une voix
  – Lâche immensément ou bassement grande  –
Mais des milliers de gorges qui scandent
Ô, Babel, Babel ! Le Monde est en marche.
 
 
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10 septembre 2006

Je vis, je parle, je ris ;
Mon nom est gravé à la crête des vagues
Inscrit dans le creux des vents
J’ai un nom, j’ai deux noms, j’ai mille noms et plus encore
Je pleure, je crie, je meurs ;
Mon nom est martelé sur la brume
Au fer rouge sur la pierre
J’ai un nom, j’ai deux noms, j’ai cent noms et plus encore
Je pense, je rêve, je danse ;
Mon nom est tracé au bord de la dune
Calligraphié dans l’eau vive
J’ai un nom, j’ai deux noms, j’ai dix noms et plus encore
Je chante, je vole, je hante ;
Mon nom est imprimé au bout des flammes
Murmuré au cœur de la terre
J’ai un nom, j’ai deux noms, j’ai volé son nom à la mort.
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