Actualités et politique, Santé et bien-être, Voyages

25 janvier 2013

Cette froidure affreuse d’heure

En heure a perdu de son charme ;

Le marcheur le plus bravache arme

Son pas de fâcheuse raideur

En écumant cette fadeur

Qui lève de vaines alarmes

Des coins de ses lèvres en larmes

Qu’il étouffe comme un rôdeur ;

C’est que la plaine est bien trop dure

Mais entre les flancs érodés,

En mille flammèches dardées

Fume un fantasme de verdure ;

Franchie, la fugace soudure,

Nuit crue de ces blancheurs brodée ;

Ennui de charmes dénudés ;

Cette froideur diffuse dure.

 

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Actualités et politique

31 décembre 2009

A B, qui (se) raconte bien mieux que moi, à cette tête de mule de Clarissa Dalloway, aux Howard, à tous les quasi-désespéré(e)s qui s’ignorent,
31 décembre – étrange date, ou du moins étrange est le besoin – est-ce un besoin? – que j’ai d’y proser systématiquement quelque chose par ici – 2009.
Je finis mon thé – vert, au jasmin, qui continuera de me réchauffer quelques minutes durant – et je laisse errer mes pensées, sans amertume, sans urgence. La toile est déserte – l’araignée patiente a-t-elle la faim au ventre, gémissant, se languissant de vampiriser tous ces geeks qui l’abandonnent? – et d’un certain côté, j’imagine pouvoir considérer cela comme un bien – ou du moins un mal profitable à ma concentration et à mon sentiment, au delà de la panique et de la vacuité – lots quotidiens – d’être cette entité indépendante dans son existence, avec une solitude qui m’est propre, ainsi que l’espace et les heures égoïstes que cela confère – la toile est déserte et ne vibre pas sous mes pieds de toutes les agressions – tous apparemment se sont retranchés dans leur réalité, massés autour d’un feu immémorial, dans une joie sans objet – du monde, dont il faut supporter chaque jour la simple idée.
La sonnette de la maison mitoyenne tinte – ou plutôt criaille, avec un infâme gargouillis électrique – cette sonnette me tape sur les nerfs, donc, à intervalles irréguliers, présageant un rassemblement de population assez conséquent à terme – et un volume sonore adapté.
Peut-être pourrai-je mettre de la musique pour faire écran à leur boum-boum qui commence déjà, avant même le repas. Pour ma part, je grignote quelques biscuits mal cuits au chocolat sans beurre de cacao, je traîne dans un jeans informe qui a fait son temps avant d’être un peu usé et un T-shirt taille quatorze ans, profitant du privilège éhonté qu’est le désuniforme de ceux qui ne vont réveillonner nulle part.
Des portières de voitures retentissent, et encore cette maudite sonnette. Un peu plus tard, des imbéciles – c’est un qualificatif injuste de ma part, mais je ne suis pas disposée à me prêter au jeu d’une factice bonne humeur collective – se sont trompés de numéro et frappent ici. Bonne année aussi – au plaisir de ne pas vous revoir – le groupe de gamins grimés et braillards repart vers sa destination prévue; la porte se referme. Je mets moi-même de la musique: Just A Thought, des Gnarls Barkley. Après quelque rêverie, je les entends répondre: Who Cares? Pourquoi cette aigreur, qui s’insinue en moi à mesure que les minutes, les heures passent, que les décibels montent à côté et que les basses résonnent en se moquant des murs? Est-ce que ce martèlement sourd et sans trêve, auquel s’ajoutent à mesure que passent les minutes, les heures, des rires et des cris, n’est pas le rappel lancinant de mon exclusion de la collectivité au moment où elle se réjouit? Je me demande où sont ces gens qui comptent pour moi, et ce qu’ils font, s’ils ont même une pensée pour moi – ou ce qu’ils pensent être moi. Sont-ils ivres? Y aura-t-il du gui pour certains? Peut-être bien que n’avoir été définitivement invitée, malgré des allusions ouvertes et propositions oubliées, à aucune de ces manifestations – et dire qu’en ce moment-même, je ne suis même pas certaine que j’aurais accepté de m’y joindre ni, ayant accepté malgré tout, que j’en aurais profité – un peu moutonnières, un peu insensées, me renvoie par contraste à cette partie du monde où il fait toujours froid et nuit, où l’on n’a rien à partager que des paroles, quelques idées sans suite qui n’ont jamais assez de bois pour rendre la vie définitivement meilleure.
… car j’ai froid – à quoi bon – et à qui – le cacher? – en ces heures de fête, face à un écran muet et inanimé; et quoi que je tente, mes pensées dériveront toujours vers ces eaux sombres, où se rejoignent et se déversent en vastes rias grondantes, les fleuves inutiles et gelés de toutes les larmes du monde qui n’ont jamais coulé vers l’extérieur, et, s’écrasant en chutes vertigineuses, mugissent dans le gouffre obscur des profondeurs de moi-même. Bientôt, au-dehors, la fête sera finie; bientôt les visages fatigués retourneront presqu’en silence à leur monde absurde et habituel, et rien n’aura changé. Que craindre, après tout? Demain, la vie ne sera pas devenue pire qu’elle a pu l’être; rien n’étonne plus et la misère du monde aura pu dormir sur ses deux oreilles.
Cela me sera impossible, et bénéficiant gracieusement d’un fond sonore dégénérescent venant d’à-côté, je me prépare à passer la nuit en tête-à-tête avec l’histoire des Etats-Unis, un nouveau thé à portée de main, et quelques sandwiches de crackers à la crème de mangue pour seul luxe. Mon unique apprêt concédé? Personne ne le verra – entrer dans une nouvelle année de galère le regard maquillé – je souris et j’imagine que mes yeux ont peut-être brillé – un instant de calme entre deux morceaux tonitruants, toute fin 2009. Je me lève et vais faire chauffer de l’eau.
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Santé et bien-être, Voyages

Mauvais voyage (21 mars 2008)

 
 
Prenez
Ce cœur de poussière molle
Cet esprit qui exhale des vapeurs de putréfaction raisonnable ;
De leur corruption conjointe émane, déroutante
De la pensée dégrafant la pensée et tournant
Ne pleurez pas
Les larmes ont formé des moisissures infâmes au fond de ce crâne
Mais si, à présent, tout est glace et cristaux aux pointes aiguës
Puisque tout gèle, craque et meurt
Il n’y aura pas besoin du vermeil d’arabesques crissantes gravées dans le cuivre doux  
Attendrez-vous ?
Pas de brasier au fond des abysses
Il y a des anges morts qui me regardent, et leurs yeux ne sont pas emplis d’azalées.
 
 
 
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Actualités et politique, Non classé

10 mars 22:54

    Ce soir il faut que j’écrive. Il s’est passé tant d’événements en quelques jours, que j’ai l’impression qu’ils ont remplis dix de mes années, et pourtant ces événements pourraient être réduits à quelques mots – incapables d’exprimer l’étendue de leur importance.
    Deux morts tragiques autour de moi, et leurs conséquences. Deux morts qui sont arrivées à des personnes qui ne se sont jamais connues, deux morts arrivées à plusieurs heures d’intervalle. deux morts qui n’ont a priori rien à voir, et qui pourtant seront inextricablement liées dans ma mémoire. Parce que. On ne le dira jamais assez. Il faut dire aux gens qu’on les aime, les connaître quand il est encore temps. Parce que. La mort arrive toujours trop tôt, qu’elle tombe sur quelqu’un qui est âgé de 87 ans ou sur quelqu’un qui n’en a que 18. Parce que. Le fardeau des jamais plus est toujours trop lourd pour que nos larmes aient encore à porter tous les jamais.
    Les larmes, parlons-en. Il est des situations où on se rend compte qu’elles ont parfois coulé sans raison suffisante, et où on aimerait pourtant pouvoir les retenir quand un éclair de pudeur nous prend, sans y parvenir ; un peu plus tard, quand on n’en a plus, on aimerait qu’elles coulent encore, qu’elles nous lavent de notre peine, qu’elles nettoyent les écorchures faites par la vie à laquelle on se frotte ou qui se frotte à nous sans qu’on lui ait rien demandé.
    Alors on pleure en dedans, sur tous les souvenirs qu’on a comme sur ceux qu’on n’a pas pu avoir et qu’on ne pourra jamais se faire. On pleure sur ceux qui n’en auront jamais plus, on pleure sur le monde dans lequel il faudra continuer à vivre, un monde sans ceux qui ne sont plus, on espère – qui que l’on soit – qu’ils ont trouvé une paix, peut-être une autre vie. On pleure parce que la nôtre continue malgré tout, parce que le soleil continue à se lever, la terre à tourner autour – la réalité est stupidement cruelle quand on y pense.
    Car on pense. Beaucoup, sans doute mal, sans savoir ce que l’on cherche vraiment. On réfléchit par ce que peut-être réfléchir nous aide à ne pas penser à nous-même, à notre propre souffrance. Mais en fait, on souffre quand même, on se referme peut-être pour ne plus voir ce monde qui nous blesse; et on cependant on entrevoit, entre les larmes qui nous noient le cerveau, que quelqu’un essaye de nous aider à continuer à aimer ce monde.
    Des gens autour de soi, des gens qui ont la même peine, mais qui la portent autrement. Des gens qui sont là pour les autres – peut-être pour s’oublier eux-même. Des gens que l’on admire pour cela. Des gens qui eux sont en vie, qui vous font comprendre qu’il reste du monde à aimer, de la vie à vivre avant la mort, qui vous rappellent que d’autres vies commencent.
    Alors, peu à peu, ces personnes qui étaient vivantes – qui ne le sont plus – deviennent des souvenirs, mais des souvenirs que l’on aime, des souvenirs de gens que l’on se souvient avoir aimé. On réapprend, à vivre, à sourire à d’autres personnes.
    Profitez de votre vie, faites-en profiter les autres, dès que vous le pouvez, dès maintenant. Il n’est pas trop tôt, jamais. Vivez – parfois c’est dur.
    Je remercie tous ceux qui m’ont entourée et qui sont toujours là. Je vous aime.
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