Voyages

21 mars 2018

Nous glissons tendrement
Vers des jours moins blafards
Dont l’aurore canaille
S’infiltre sans vergogne
Entre nos labyrinthes,

Les cheveux tout fripés
D’avoir roulé par jeu
À travers les collines,
Les yeux ridés déjà
Et, quand on l’aperçoit,
Lâchant un rire bref
Qui meurt en toussement ;

Comme nos doigts sont nus
On les cache de peur
Que nous tentions ainsi
Un vieux croquemitaine ;
Mais qu’on laisse courir
Nos dix chevrettes froides
Dans l’air un peu ouateux ;

Car nous n’apprendrons rien
À l’ombre des cités
Où des profils hagards
Tentent mutuellement
De s’entr’apercevoir
Dans des miroirs de forme
Et de taille diverse ;

Sachons nous en distraire
Et suivons Hémérê
Sur la voie qui ruisselle
Depuis les commissures
Nuageuses, épandant
Son pavement d’or vert ;

Il faudra aller où
Les gens ont l’enveloppe
Si claire que l’on voit
Tout leur bois à travers
Et le cœur assez pur
Pour éclairer nos jungles
Et âpres catacombes ;

À travers l’air du soir
Nous laisserons couler
Tous nos jalets tranchants
Alors joignant les mains
En leur tendre présence
Nous oserons prier
Pour que leur franc regard
Nous glisse jusqu’à l’âme.

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26 novembre 2013

 

Tes joues de novembre
Qui ren-
Contrent mes demi-jours éperdus
Et perpétuels ;

Ta chaleur feutrée,
Tes inquiétudes farouches,
Ta confiance
Absolues
Flottant dans ton
Regard
Fou
Et oblique ;

Tout ce qui passe
De gibier
Dans ton ventre endormi
Sur mes genoux
En rêve
Quand tu retrousses les
Babines et gentiment
Ta queue autour de mon
Bras froid
Encaméléone

Me font trembler
Le dos
Devant le lointain des
Jours sans toi.

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2 octobre 2013

Que faire de tous ces jours où l’âme s’étend nue

Et transpercée de rais d’un soleil sans ardeur

Que faire de ce soleil qui me casse les paumes

Qui se caresse la panse d’un air pensif

En roulant du pas lourd d’un bœuf gras et repu

Et qui trois fois digèrerait son ombre étique

Avec gargouillis et vomissures de nuit

Que faire de ces relents de nuits océaniques

Poissant à mes sourcils en de pourpres odeurs

Filtrés en mugissements noyés par l’iris

Et peignant de traînées la fourrure du monde

Que faire de ce monde-ci quand la lumière

Qui reste sous mes ongles est de sanglants atomes

Attendant pour cesser que le rêve flétrisse

Que faire de ce rêve morne et dolent et lascif

Tant que parfois de tous ces jours pareils l’un luit

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