Voyages

1er octobre 2011 – À une amie mélancoliée

J’aimerais bien Vous consoler
En Vous envoyant par les airs
(Quand bien même c’est pis-aller)
De ce qui comble des déserts ;

De ces instants chers et sans prix
Dont on imprime les fossettes,
Desquels mon cœur a tout appris ;
Tintant comme autant de piécettes :

Trois secondes à caresser
Un petit être vert-doux-gris
Par cette Sereine embrassées
Sont trois miracles rabougris.

Dans le vent j’en souffle au roseau
D’autres fleurant ces samedis
Rêvant que Vous porte un Oiseau
Ces ronds enclos de Paradis.

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27 Avril 2009

Il y aurait un chat, œil vert en robe grise ;
Il y aurait un arbre, à ses longs doigts poindraient
Les premiers bourgeons; la pie s’y poserait ;
Le chat miaulerait, pour la forme requise.
Et dans le jour serein, le chat, la moue exquise
Contemplerait son arbre, y voyant la forêt ;
L’arbre, tout attendri, à son chat sourirait.
Sous un soleil ancien, les voici qui devisent.
Car telle est notre vie qu’elle ne laisse fixer
Les instants les plus beaux des instants partagés
Que pour les savoir fuis et nous en affliger.
Trop de mélancolie vient encore à passer
Par l’œil vert interdit, à la vue dégagée ;
Mais l’arbre est abattu, et le ciel est chargé.
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5 janvier 2009

 
Quand le monde dévide trop d’interminables abîmes
Qui étirent tristement l’ombre portée d’une vie
Jonchée de ces minutes que l’aiguille seule imprime,
Quelques rondes infinies passant pour des décennies ;
 
Comme l’aube maladive attend toujours le soleil,
Et qu’un vague souvenir étend l’ancien crépuscule
De l’âme à l’oeil, cependant que gît la nuit sans sommeil
Couleurs tues y pullulant, pensées jouxtant la virgule ;
 
Alors qu’on sait détraquée la subtile mécanique,
Que le plus pur enthousiasme a heurté l’air ricanant,
Que seul soutient l’édifice l’enfant en soi qui panique
Devant sa vie morcelée, froid puzzle aux bouts tranchants ;
 
Si chaque pas résonne dans le vide assourdissant
De gens qui n’existent pas, des rêves qui ont cessé,
Au bord muré des fenêtres élancés et trépassant,
Que le calme est apparent mais le mouvement forcé ;
 
Restent ma vie que j’ai prise et qu’il faut que je rédime
En rendant ce qu’on m’offrit, il est temps, je le redis ;
Mon petit cœur qui palpite, insolent qui me réveille
En refusant d’abdiquer, et toujours la nuit recule.
 
Restent ces instants fleuris, à mon chapeau je les pique ;
Chaque rose a des épines ; tout destin a son piquant ;
Il fut des sourires fortuits ; je n’aurais pu m’en passer
Et à vous – qui l’ignoriez – je dis merci en passant.
 
 
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