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14 mars 2015 – Mirabelles

D’où viennent-elles,
quand j’ai le sein
aux trois quarts plein
de mirabelles,

La brise nébuleuse
respiration
Et les visions
D’une futaie neigeuse

Beaux fruits de mon hiver
ô mirabelles
Palpitez en ma chair
Comme libelles

De mirabelles
Mon cœur est plein
Sonnent buccins
Sous ma mamelle

Je crains la dévoreuse
Palpitation
que l’agrion
crève en secousse affreuse

Narguant tous les piverts
Neuves et belles
Mûrissez dans ma chair
ô mirabelles

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11 février 2013

À cette heure en hiver l’air fuit entre les vagues

D’écume sombre au ciel qu’iris exacerbés

Je côtoie flamboyant ; dans l’ombre de Phébé

Infinissent mes pas, je rêve, j’extravague ;

Foulant le sol mouillé du soir qui le surplombe

Il est temps de se perdre ou de se retrouver

Quand la mélancolie de cette heure enivrée

Que les mille couleurs sourdes ceignent m’aplombe,

Que ces rouges, ces verts, partout où je divague

S’épandent de seconde en secondes flambées,

Cramoisies, émeraudes, entant mes enjambées

Le long d’une huile ondine aux coups de brosse vagues.

À ma droite un ressac ténébreux s’emmoutonne,

Dont les crêtes rapides à toutes les questions

Du monde offrent, butées, même résolution,

Et toujours infailli le chien noir papillonne ;

Mais je marche déjà à la droite du loup.

C’est l’heure où certaine lame de fond du ciel,

Ailleurs raclant la plaine, ici roide de sel

S’élance, pas léger, et reprend son alloux ;

L’heure éperdue où elle trône, aveugle gloutonne

Prête à se laisser choir comme d’inattention

Et à se livrer, cannibale rédemption,

Nuit – prétendue puisque c’est le nom qu’on lui donne.

La digue s’évanouit ; les grands arbres s’élaguent

Ce pays où l’œil voit loin se prend à bomber

Et pourtant tout est bien, à défaut, absorbé

Par l’antique sauvagerie neuve qui vague,

Remontée superbe de la mer catacombe

Entraînant avec elle la braise ravivée

Et les aimés absents, les vivants enlevés

Baignant dans le sourire obscur qui leur incombe ;

L’éclat d’un phare approche – un vélo qui zigzague…

Pas même : un feu follet, qui s’en va tituber

Plus loin ; on ne peut vivre qu’à la dérobée

Cet heur – puis un cargo, qui glisse au nord du vague.

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18 mars 2009

Vert tendre ou d’un blanc frais, du rose un peu mièvre
Au jaune flamboyant, en taches de couleur
Jetées là par un fou qu’illumina la fièvre,
En amas, en parterres, ainsi claquent les fleurs.
Le spectacle est troublant, qui toujours recommence ;
Aux branches sèches et nues, et aigries par l’hiver
Ont surgi les parures impressionnistes et claires ;
L’œil du passant les suit, en manquant l’immanence.
Étourdissants parfums, ensorcelants appels,
Les jardins du château poussent un profond soupir ;
L’air étant bientôt gorgé d’un calme délire.
Accouplements aveugles, étreintes silencieuses,
Le vent libérateur valse entre les pétales
Comme est venu le temps des amours végétales.
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16 juillet 2006

Sur la mer un bateau
Un bateau tout léger
tout léger comme plume
Comme plume emportée
Emportée par le vent
Par le vent qui me dit
Qui me dit Je ne suis
Je ne suis que le vent
Que le vent de l’été
De l’été, si j’en veux
Si j’en veux accrocher
Accrocher aux fenêtres
Assoupies et glacées
De mon palais d’hiver
Mais, dis-je, je sais bien
Que tu n’es pas le vent
Tu n’es que le temps qui
Me propose, cruel,
Un bel été si plein
De soleil et de mer
De danses et de baignades
De chants et de marées
De rires insouciants
Comme de cris de mouettes
Que tu veux que j’oublie
Qu’il doit finir un jour
Que tu viendras vite
Reprendre ton été
Oui, je sais tout cela
Mais je ne te vois plus
Et je ne t’entends pas
Tiens, au fait, qui es-tu ?
Je n’entends que le chant
Que le chant doux des vagues
Doux des vagues, Si doux que
Si doux que quelque chose
Quelque chose m’échappe
M’échappe pour filer
Pour filer doucement
Doucement dans le sable
Dans le sable allongée,
Allongée, j’aperçois
J’aperçois sur la mer…

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9 avril 11:17

La mémoire humaine est étrange… en un hiver, on oublie tout: la clarté du ciel, la lumière qui éblouit, la chaleur du soleil sur la peau, la sensation des pieds nus sur l’herbe tendre, sur la pierre froide ou le sable crissant (que je n’ai d’ailleurs pas encore retrouvée). On ne se rappelle plus la couleur des cerisiers et pommiers en fleurs, ni leur parfum, les roulades des migrateurs jaloux, le vol élégant de l"hirondelle parmi les autres hirondelles… Dans quelques semaines on redécouvrira la tiédeur de l’eau salée et son parfum, sa couleur étincelante sous le ciel dégagé, le doux bruissement des vagues calmes, le vent chaud, les nuits à la belle étoile, la saveur sucrée du brugnon et le goût des fraises.
Parfois je me dis que pour ce simple étonnement, la vie est bien assez belle pour que l’on en prenne conscience – et qu’on profite à fond des beaux jours!
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