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24 février 2014

Chérissez l’ombre
Qui coulisse dans les portes
Et lèche le carrelage

Ôtez la poussière des meubles
Et de derrière les meubles
Pour que le vent ne s’y salisse

N’emplissez pas vos placards
N’y emplissez pas vos bocaux
N’en couvrez pas la table

Laissez le soleil tacher la nappe
Et les nuages, les cuillers
Regardez luire la chaise de bois

Si vous marchez dans le jardin,
Ne foulez pas deux fois la même herbe
Oubliez de surveiller certaines fleurs

Il faudra s’habituer à laisser de la place
À ceux qui vivent dans les empreintes
Et ne s’aventurent pas hors des miroirs

Lorsqu’ils passeront dans le monde sensible
Leur forme vous sera plus familière
Que tout ce qui vous fut compris

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Santé et bien-être, Voyages

25 mai 2013

Tout au bord du champ où paissent les visions
Pousse une herbe penchée, tendre inclinaison
Poissant du sol mouillé, tue comme un poison
Teinté de courant ; un passé d’éclosions.

Cette verdoyance attend dans l’irration
Que tombe la rosée sègue de raison
D’avoir trop respiré cette exhalaison
De verte démence instillant l’affliction.

Efflanquée, nue, blanche, pose en génuflexion
Une génisse au pré clamant à foison
Sa jeunesse assoiffée, presque en pâmoison,
Le mufle tremblant, et boit avec passion.

Trait mauve et orange, l’aurore en effusion
D’eaux or s’est avivée ; et pour cargaison
Rejette un bœuf crevé, croupe en calaison,
Tout au bord du champ où passe l’occasion.

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Autres, Santé et bien-être, Voyages

Sombre dimanche 4 décembre 2011 – Sept mois, trois jours et quelques heures

Quand les oiseaux de lave se lasseront de pleurer

Leurs larmes d’encens fragrant ensemencées

Quand la lune descendante aura du passé

L’eau de rivières bue

Ami j’enserrerai tes ailes brisées

Par l’air mauvais

J’aurai limé mes griffes

J’oindrai ta tête des mille et un parfums

Des fleurs qu’elle fait pousser,

Et le nez plein nous irons cueillir les colchiques

Et les champignons dans leur crêpe enlisés ;

Mais le feu qui te brûlait a filtré en tourbe humide

Le soufre me pique le nez et les yeux maladifs,

Je ne savais pas que

Je veux hurler

Que pourtant je savais

Aux étoiles impavides qui ne sentent pas brûler

L’herbe qui dort, elle est repue ;

Et la lune implacable blanchit la steppe sans fin

Et la steppe est vide.

J’y marcherai à ton côté Ami, rire orpressé.

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Voyages

Déjeuner au jardin (20 juin 2008)

 

Voici encore un texte écrit ce matin pour un jeu de rôle !

 

Ils sont venus à grand fracas, perçant les bois, sonnant le cor ;

Ils sont venus donner la mort ; les habitants déjà s’enfuient.

Des traînards tapis sous l’ombrage cherchent à se fondre en ce décor.

 

 

Las, les palefrois sont lancés sur les fuyards encor trop lents ;

Ils sont rattrapés, haletants, raillés et passés par les armes ;

Leurs assassins prennent les corps, le faciès cruel et sanglant.

 

 

Ils n’auront pas de sépulture ; nulle cloche et nul musicien

Ne célébreront leur trépas en ce temps trouble où l’honneur fuit ;

Les dépouilles seront léchées, encor fumantes, par les chiens.

 

 

Les châtelains sont très affables ; sur l’herbe ils accueillent un convive.

« Sens, invité, ce doux fumet, et joins-toi au joyeux vacarme ;

Goûte ce cru aux reflets pourpres ; ce matin la chasse fut vive. »

 
 
 
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Divertissement

Six mains

 
Elles sont sous brumes ou voilettes,
Inconscientes des mauvais temps,
Et parapluies comme toilettes,
Leur font visage de printemps.
 
Bruines, ruines, écroulements,
A vider des bourses remplies
Voleuses, comme l’est le vent,
Violeuses, comme sont les pies,
 
Qu’elles soient encor blé en herbe
Ou séduites de mal en pis,
Leurs traines trainent tant de gerbes,
Qu’on en serait encor épris…
 
C’est un sillon que Dieu leur fit,
Pour ramender leurs pieux hymens,
Qui restent comme un fruit confit,
Des rois fit-on fêtes de reines ?
 
Du pré ou fleurit la violette
J’en ai vus revenir pourtant
Courbant le dos, baissant la tête,
Étant partis le cœur battant.
 
Sous le voile se dessine
Un sourire au goût de miel
Que l’alliance divine
Rend à jamais éternel.
 
Austères fidélités,
Confidences impromptues,
Les attifets ajustés
Parlent pour l’œil qui s’est tu.
 
 
Merci aux organisateurs et participants de ce colloque au sommet (mais quel sommet ?).
Je les remercie tout particulièrement de me permettre de diffuser ceci sans engager de poursuites judiciaires auxquelles je ne pourrais faire face.
 
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