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Premier Amour (13 janvier 2007)

 
Je l’ai aimé comme aime la jeunesse. Il était plus indépendant que moi, peut-être un peu plus âgé aussi. Ses parents lui avaient offert son propre moyen de transport. Il faisait crisser les roues sur le goudron ; il venait chez moi, je l’attendais ; je le menais dans ma chambre, et là nous jouions aux jeux innocents auxquels on joue à deux lors que l’on a cet âge.
Il avait un prénom de petit dieu celte, un regard vif et bleu et des cheveux blonds comme des cheveux de tout petit enfant.
Je me dis parfois qu’il ne m’aimait pas vraiment. Jamais il ne l’a dit explicitement, et je n’ai pas mendié les trois mots qui m’en auraient assurée. Quand il est parti pour la grande école à laquelle ses parents le destinaient, je n’ai pas reçu de lettres de lui, et depuis lors je ne l’ai plus jamais revu. Mais parfois je ne peux pas m’empêcher de repenser à lui…
Je le revois encore, grand et fier comme dans mon souvenir, son engin lancé à fond dans la rue étroite de notre village, les cheveux rendus fous par la vitesse, les deux mains fermement serrées sur le guidon.
Ah ! qu’il était beau sur son tricycle !
 
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Voyages

27 novembre 2006

 
Regardez-les marcher, voyez, ma bonne dame
Comme ils vont, nonchalants, méprisables d’aisance
Et de rapidité ; sur leur front se balancent
Quelques mèches trop longues assombrissant leur âme.
 
Ils nous narguent en passant, regard fier ! et leurs yeux
Habilement cachés dont l’éclat les trahit
Sauront les diriger, même par noire nuit
Vers de sombres desseins dans de sordides lieux.
 
Que dites-vous, Madame ? Se peut-il qu’en leur tête
Sous leur front dont la peau est stupidement lisse
S’arrête un jour ou l’autre quelqu’idée honnête ?
 
Et vous me traitez, Dame ! de vieille femme aigrie ?
Mes yeux sont souffreteux, mes pieds débiles glissent,
Mais jamais n’oublieront que jeunesse on me prit.
 
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