Voyages

18 juillet 2010


De nuit éparpillée naît l’aube lentement,
Barbouillée de nuée ; les gens qu’elle réveille
Œuvrent à balayer des excès de la veille
La ville ensommeillée, silencieusement.

Les femmes impassibles aux cheveux de sinople,
Allongées dans leur rêve au fond de la rivière,
En songe voient passer sur leurs yeux de lumière
Déchets qui rouleront jusqu’à Constantinople.

L’épais trottoir sans âge, de mauvaise humeur,
Fait le dos rond aux mouettes qui entr’ouvrent l’aile,
Blanches sur le pavage aux lignes poivre et sel,
Grises dessous le ciel qui déploie ses couleurs.

C’est dans une eau plus trouble, au jour adolescent,
Que jouent à cache-cache des poissons de fer,
Miroirs doubles tranchant l’onde – l’un, ventre à l’air,
Gît dans un flot d’ordure, où le soleil descend.
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Voyages

10 septembre 2006

Je vis, je parle, je ris ;
Mon nom est gravé à la crête des vagues
Inscrit dans le creux des vents
J’ai un nom, j’ai deux noms, j’ai mille noms et plus encore
Je pleure, je crie, je meurs ;
Mon nom est martelé sur la brume
Au fer rouge sur la pierre
J’ai un nom, j’ai deux noms, j’ai cent noms et plus encore
Je pense, je rêve, je danse ;
Mon nom est tracé au bord de la dune
Calligraphié dans l’eau vive
J’ai un nom, j’ai deux noms, j’ai dix noms et plus encore
Je chante, je vole, je hante ;
Mon nom est imprimé au bout des flammes
Murmuré au cœur de la terre
J’ai un nom, j’ai deux noms, j’ai volé son nom à la mort.
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