Santé et bien-être, Simplement, Voyages

16 mai 2017

Suave langueur
Entre les fenêtres montrant les moutons innombrables me tournant le dos
Retour d’une mélancolie légère
Après l’éveil de la chair enfin ébranlée par les rayons qui font mûrir la peau
Temps funambule
Ce sont les instants bénis sous le visage encore chaud
Appel sans nostalgie
Toute la lumière des années fondant sur l’humeur de mes eaux
Souvenirs fantastiques
Larges bleus obsédants
Glissant des fonds secrets de mon enfance caressant les jeunes roseaux
Clarté élémentaire qui se donne
Manifeste corps immensément peuplé dans lequel exister le temps d’un envol de corbeau
Muette symphonie
Avant les signes du soir toucher du bord des lèvres au calice d’un lis d’eau
Sentiment pathétique
Pour m’animer encore scintillent de lits de rivières de larmes d’hommes les vibrants tableaux
Désir de l’essence des autres
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2 janvier 2015 – Le froid pourtant

Les longues ombres des jours
Qui poudrent les orties des fossés
Et des flaques de boue font
Des tapis de Turquie
Des tapis de lumière
Glacent la pluie sur les murets
Dans les émaux de gros vases
Transissent les extrémités
Et pourtant ne mettent pas
Le moindre flocon
En mon cœur

Il faut craindre le froid pourtant
Car le risque court de s’en faire accroire
De se voir en confidences avec la nature
Quand tous ses verts
Réminiscences d’âges tendres
S’ouvrent de toutes parts
Quand il y a des asiles
Pour la fatigue et le doute
Le risque court
De s’habituer aux coïncidences

Telles que

Partout où habite une amie
Il y a un feu
À attiser

La voix des amis
Aux basses berçantes
N’a pas besoin d’être sensée

Maison, chats et jardins follets
Sont précieux
Et relatifs au bonheur

L’œuvre d’un artisan
Est un motif légitime
D’avoir le sein brûlant de larmes

On peut marcher, ou courir, ou s’embrasser
Ou faire tout le contraire
Quand les lèvres sont trop froides pour la parole

Il pousse des arbres, il fera bon
On peut s’asseoir, on peut lire
On peut bien vivre

Le monde n’est pas dépourvu d’enfant
Ni de campagne : il suffit de les trouver
Qui ne s’éteindront jamais

Et ainsi de suite

On pourrait
Comme d’autres, en enfance,
Retomber en amitié
On pourrait prendre confiance
Et, marchant dans un soir de janvier,
Lever les yeux vers les coups de peigne légers
Les rayures dans le bleu du ciel
Avec une joie qui ne parle pas d’elle-même
Et le désir de rendre grâce
Sans même celui de croire

Les douces cendres des jours
Qui blanchissent les ciels sur les prés
Et des étincelles font
Vapeurs de whisky
Et de cédrière
Laissent dégeler les marais
Autour des murs grisés de jazz
Cuisent les yeux déshydratés
Et pourtant n’étouffent pas
L’infime tison
De mon cœur

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