Divertissement, Non classé

Samedi 3 mars 2012 – Pour Enfances

Qui n’aime à se griser de ces tendres regards

Retournés – croit-on – vers cette époque embellie

Par des parures d’or, et rêvée si jolie ?

Pour soi-même l’on a de curieux égards…

À tendre de vertes tentures l’on s’égare,

Entre lesquelles joue un pantin dépoli ;

Voulant qu’en son décor, l’insouciance ait pâli,

D’innocents coloris on l’anime, mais gare !

C’est que ce petit corps pendu à des poulies

– Notre re-création – n’incarne que l’oubli

D’entraves juvéniles ôtées au fil des gares.

L’inconscience a vécu ; le temps s’est établi,

La force originelle, intacte, entre ses plis ;

Libre de nostalgie, l’horizon se bigarre.

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Voyages

19/10/2010

Soudain survint le jaune, englobant tout ;
Aux longs membres sombres le cuivre s’effeuillait,
Ne consentant plus d’ombre ; et le soleil brillait
Acrylique liquide, de partout.

Or d’entre les colonnes s’envolait
Une pluie d’éclats d’ors, qui fit comme un rideau ;
Et voilée, ma vie nue ne fut plus un fardeau
– Tout bas, déjà, l’automne s’étiolait.

Le monde s’offrait telle une couronne,
Joyeux et tournoyant tombeau de boutons d’or,
Et je m’étonnai de distinguer que la mort
Pût être aussi belle à qui lui pardonne.

Dans ce décor luisant je me coulais,
Foulant le blond tapis de feuilles gorgées d’eau
Sous la voûte ajourée où riait un rondeau ;
Mais blondeur n’eut qu’un temps, qui s’écoulait.

Immonde est l’aube murée qui grisonne,
Embrumant mon cerveau d’un linceul insonore.
La glace se tapit sous les tons que j’arbore
– Qui saura nommer ce qui m’empoisonne !

Souvent m’efforçant de rester debout
J’observe les troncs secs, sinistres et inquiets,
Et songeant que la sève, ambre en sommeil douillet
Sous l’écorce y subsiste, malgré tout.

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Voyages

Déjeuner au jardin (20 juin 2008)

 

Voici encore un texte écrit ce matin pour un jeu de rôle !

 

Ils sont venus à grand fracas, perçant les bois, sonnant le cor ;

Ils sont venus donner la mort ; les habitants déjà s’enfuient.

Des traînards tapis sous l’ombrage cherchent à se fondre en ce décor.

 

 

Las, les palefrois sont lancés sur les fuyards encor trop lents ;

Ils sont rattrapés, haletants, raillés et passés par les armes ;

Leurs assassins prennent les corps, le faciès cruel et sanglant.

 

 

Ils n’auront pas de sépulture ; nulle cloche et nul musicien

Ne célébreront leur trépas en ce temps trouble où l’honneur fuit ;

Les dépouilles seront léchées, encor fumantes, par les chiens.

 

 

Les châtelains sont très affables ; sur l’herbe ils accueillent un convive.

« Sens, invité, ce doux fumet, et joins-toi au joyeux vacarme ;

Goûte ce cru aux reflets pourpres ; ce matin la chasse fut vive. »

 
 
 
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