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13 janvier 2014

 

I.

Dans cette main vide il y a
Un creux
Deux fois deux fois deux années
Tassées
Qui se déplient comme des voiles
La barque
N’est pas au port, ni le pin, mât
Puis les
Années fusent et sont passées
Dans cette main vide il y a
Un mur
Du plomb dont on fait les bourdons
Muet
Gaspillage d’un ciel de lait
Dans cette main vide il y a
Un lac

II.

 

Passant la main sur un mur mouillé
Je rencontrerai des épines
Je tremblerai doucement de peur
Qu’elles me déchirent la peau
(Cette peau neuve et non
Encore éprouvée)
Et en me guidant au son
De la pluie ruisselante je
Trouverai les roses les yeux
Fermés palpitantes de couleur
Inconnue prête à se diluer
Et j’écouterai :
Faudra-t-il cueillir les
Roses ? Je ne sais.
Les épines me diront ;
Je saurai.

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Voyages

18 mars 2009

Vert tendre ou d’un blanc frais, du rose un peu mièvre
Au jaune flamboyant, en taches de couleur
Jetées là par un fou qu’illumina la fièvre,
En amas, en parterres, ainsi claquent les fleurs.
Le spectacle est troublant, qui toujours recommence ;
Aux branches sèches et nues, et aigries par l’hiver
Ont surgi les parures impressionnistes et claires ;
L’œil du passant les suit, en manquant l’immanence.
Étourdissants parfums, ensorcelants appels,
Les jardins du château poussent un profond soupir ;
L’air étant bientôt gorgé d’un calme délire.
Accouplements aveugles, étreintes silencieuses,
Le vent libérateur valse entre les pétales
Comme est venu le temps des amours végétales.
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9 avril 11:17

La mémoire humaine est étrange… en un hiver, on oublie tout: la clarté du ciel, la lumière qui éblouit, la chaleur du soleil sur la peau, la sensation des pieds nus sur l’herbe tendre, sur la pierre froide ou le sable crissant (que je n’ai d’ailleurs pas encore retrouvée). On ne se rappelle plus la couleur des cerisiers et pommiers en fleurs, ni leur parfum, les roulades des migrateurs jaloux, le vol élégant de l"hirondelle parmi les autres hirondelles… Dans quelques semaines on redécouvrira la tiédeur de l’eau salée et son parfum, sa couleur étincelante sous le ciel dégagé, le doux bruissement des vagues calmes, le vent chaud, les nuits à la belle étoile, la saveur sucrée du brugnon et le goût des fraises.
Parfois je me dis que pour ce simple étonnement, la vie est bien assez belle pour que l’on en prenne conscience – et qu’on profite à fond des beaux jours!
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