Voyages

24 novembre 2016 – Entre aimer et la mer

Entre aimer et la mer
Se prélasse un buveur
De tasses sans saveur
Mais sans lâcher l’affaire
Il divague à ses heures
Entre aimer et la mer

Des algues ce rêveur
Tisse un long tapis vert
Et le serpent de mer
Coule et se fait rumeur
Des longs cheveux d’Emer
À ses yeux de pécheur

Et trop loin de la mer
Et de l’aimée l’aimeur
Oubliant leur flaveur
A glissé dans l’amer
Et cherche en vain son cœur
Entre aimer et la mer

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2 janvier 2015 – Le froid pourtant

Les longues ombres des jours
Qui poudrent les orties des fossés
Et des flaques de boue font
Des tapis de Turquie
Des tapis de lumière
Glacent la pluie sur les murets
Dans les émaux de gros vases
Transissent les extrémités
Et pourtant ne mettent pas
Le moindre flocon
En mon cœur

Il faut craindre le froid pourtant
Car le risque court de s’en faire accroire
De se voir en confidences avec la nature
Quand tous ses verts
Réminiscences d’âges tendres
S’ouvrent de toutes parts
Quand il y a des asiles
Pour la fatigue et le doute
Le risque court
De s’habituer aux coïncidences

Telles que

Partout où habite une amie
Il y a un feu
À attiser

La voix des amis
Aux basses berçantes
N’a pas besoin d’être sensée

Maison, chats et jardins follets
Sont précieux
Et relatifs au bonheur

L’œuvre d’un artisan
Est un motif légitime
D’avoir le sein brûlant de larmes

On peut marcher, ou courir, ou s’embrasser
Ou faire tout le contraire
Quand les lèvres sont trop froides pour la parole

Il pousse des arbres, il fera bon
On peut s’asseoir, on peut lire
On peut bien vivre

Le monde n’est pas dépourvu d’enfant
Ni de campagne : il suffit de les trouver
Qui ne s’éteindront jamais

Et ainsi de suite

On pourrait
Comme d’autres, en enfance,
Retomber en amitié
On pourrait prendre confiance
Et, marchant dans un soir de janvier,
Lever les yeux vers les coups de peigne légers
Les rayures dans le bleu du ciel
Avec une joie qui ne parle pas d’elle-même
Et le désir de rendre grâce
Sans même celui de croire

Les douces cendres des jours
Qui blanchissent les ciels sur les prés
Et des étincelles font
Vapeurs de whisky
Et de cédrière
Laissent dégeler les marais
Autour des murs grisés de jazz
Cuisent les yeux déshydratés
Et pourtant n’étouffent pas
L’infime tison
De mon cœur

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Musique, Voyages

29 janvier 2014 – Aria marine

 

(Récitatif)

Dans l’air un dernier frisson
Dans ses yeux
Le reflet de l’astre
S’éteint
Voici
Voici la mer qui vient
Ses vieux
Bras comme des pilastres
Roulant vers sa moisson
Chancie.

 

(Air)

Immensité phosphorescente
À l’horizon encore mouillé
De rouges courbes maquillé,
Elle s’apprête, calme et lente ;

En face, une main dans le sable
Crispée comme sur un trésor,
Assis, le dos droit contre l’or
Du roc, l’homme attend l’ineffable ; 

De curieuses vapeurs d’étoile
Floutant l’angle de son regard
Échouent à dévier le dard
De son œil plongé dans la toile ;

L’homme contemple la beauté
Du soir sien qui répand, vainqueur,
Le nectar versé de son cœur
Peignant au doigt le ciel d’été.

L’immensité se fait tremblante ;
L’ombre dans son dos s’est brouillée ;
L’éclat du granite a rouillé ;
Sonne l’heure phosphorescente !

La sarabande des étoiles
Foule à présent ses yeux hagards
Qu’un baiser rougit de ses fards ;
L’homme a un sourire, qui se voile.

Empli du désir périssable,
Vif et bref, d’embrasser encore,
Son œil s’embrase et il adore
Plus loin que l’eau infranchissable ;

Pour toujours la nuit est montée,
Lavant la main de sang souillée
Dans la mer, temple agenouillé,
Phosphorescente immensité.

 

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Santé et bien-être, Voyages

28 juillet 2013

I

 

Dégringolent de gros grêlons longs comme des grelots
Tambourins apeurant le pare-brise épais pourtant
L’étang du ciel déperle un lustre lourd et grelottant
La cataracte tue grissourit seize instants falots.

 

II

 

Le viseur ruse
ouvrant d’un trou
la cage en verre :

 

Je vous crie
des choses
que vous
n’entendez pas

 

Et vous lisez
des choses
que je
n’écris pas :

 

Le visage use
et de coups roue
le cœur ouvert.

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1er octobre 2011 – À une amie mélancoliée

J’aimerais bien Vous consoler
En Vous envoyant par les airs
(Quand bien même c’est pis-aller)
De ce qui comble des déserts ;

De ces instants chers et sans prix
Dont on imprime les fossettes,
Desquels mon cœur a tout appris ;
Tintant comme autant de piécettes :

Trois secondes à caresser
Un petit être vert-doux-gris
Par cette Sereine embrassées
Sont trois miracles rabougris.

Dans le vent j’en souffle au roseau
D’autres fleurant ces samedis
Rêvant que Vous porte un Oiseau
Ces ronds enclos de Paradis.

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