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Roule une voiture noire
Roule

Debout un vieux bêche dans son jardin
Il porte la troisième syllabe de son prénom
Sur le visage
On sursaute
À haute voix
Je la lis.

Stoppe au bord du trottoir
Stoppe

Troisième syllabe aussi
La pelle à la main Dame
Les yeux ronds la bouche ouverte
Il répète les prénoms quoi d’autre
Il fait lourd
Moins qu’hier.

Voilà une histoire
Vois

On arrive au bon moment
S’il en faut un
Nouveau chien grand chat
Que l’on connaissait tiens
Elle, dans l’escalier en béton,
Épaule cassée…

Bien sûr la voir
Bien

Toute fine elle dit
Que j’ai grandi
Tout ce temps Non
C’est que je marche au-dessus
Du sol Du jus d’orange des galettes
Au beurre sers-toi…

Leur horloge armoire
L’heure

Sourire demander rien
Écouter
Des chiffres dont tout le monde
Se fiche tout ça
Pour retrouver leurs voix, r, ch
Une demi-heure dans la vie…

Roule une voiture noire
Roule

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24 juillet 2013 – Bongré

En passant
Voyages

11 décembre 2010

Des paroles sont hypocrites, qui singent l’humanité et l’amour avec plus de véracité que l’amour vrai.
Je regarde par la fenêtre et mes yeux tombent sur le parking désert ;
Un chien noir allonge sa silhouette sur la neige blanche, se pointille un chemin argentique.
J’ai froid et il est vain de me parler en ces moments où mon esprit s’est glissé derrière mes yeux.
Le bonheur immense de lire est encore perdu, puis retrouvé.
Les tambours invisibles ne m’ont pas encore troublée, faisant resurgir mon intime fureur.
Un soir va s’immiscer.
Je marcherai seule dans la nuit et dans la boue, sous une pluie noire ;
Les arbres, barreaux protecteurs, me cèleront, isolant chaque endroit, chaque instant en lui réservant sa singularité.
J’entreverrai des bizarreries et une famille de corneilles veillant sur mes pas – avec gravité – du haut d’une fourche noire déplumée.
Mon cœur plein de son vide sera disponible au repos de tous les esprits silencieux.
Je créerai un autre espace, à force de ne plus voir celui-ci.
Je retrouverai les lueurs et le bruit, et je retournerai vers l’ombre et tous ses silences humides.
Les chemins que je devinerai seront bosselés et minces comme la roue des vélos qui les ont dû ouvrir.
Il n’y a pas dans l’univers que je peux pressentir de sens aux mots tels que peur, lassitude, angoisse.
J’y avancerai, émerveillement sans limite et sans partage ; ma solitude est l’inverse de la solitude.
Mon itinéraire est une boucle où tout sera nouveau sans m’être étranger.
L’eau, au milieu, est sans parole et ne me ment donc pas.
Je ne lui parlerai pas non plus. Je rentrerai, longée par les arbres, et j’aurai encore changé – Je suis comme le ciel ou comme l’eau salés.
Il n’y aura pas de désir autre que celui, tranquille, qui mène sur la vie.
Je ne connaîtrai pas encore Nick Drake.
Je m’allongerai, dans ma nuit qui était vide de couleurs et vide de moi. Il fera bon et plein.

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