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1er mai 2014 – C’est cent fois mieux (Essai parolier)

À mes yeux, formidable
C’est cent fois mieux que raisonnable
Incontestable
Elle est de mes amis
Ell[e] pourrait êtr[e] n’importe qui
N’importe qui

Un jour elle est partie
Dans ses mains son courage
Son cœur très pur dans ses bagages
Elle a suivi un rêve
Le rêve de sa vie
Pied de nez aux jours gris

Elle est de mes amis
Ell[e] pourrait êtr[e] n’importe qui
N’importe qui
Mais elle est formidable
C’est cent fois mieux qu’inébranlable
Incontestable

Et son rêve passait
Par le lieu d’un bonheur
Pris dans une vie antérieure
Mais elle est dans le noir
Elle ne sait plus bien
Si ce bonheur était le sien

Alors je lui redis
Qu’on ne met pas en cage
Les chats, les oiseaux, les orages
Que quand la pluie s’achève
Les ruisseaux sont remplis
Sillonnant le pays

Et qu’elle est formidable
C’est cent fois mieux qu’inoxydable
Incontestable
Pour moi c’est une amie,
Non, ce n’est pas n’importe qui
N’importe qui

Nul n’a vu ni ne sait
Jusqu’où s’étend son cœur
Ni ce qu’elle a vaincu de peurs
Elle est seule à pouvoir
Retrouver son chemin
L’éclaircie n’est pas loin

Et comme elle est partie
Reprenant ses bagages
Elle franchira le barrage
À la source du rêve
Car le monde est petit
Et vaste le pays

Elle est de mes amis
Ell[e] pourrait êtr[e] n’importe qui
N’importe qui
Mais elle est formidable
C’est cent fois mieux qu’ininflammable
Incontestable

On n’apprend, je le sais,
Jamais de ses erreurs
Parce qu’il n’y a pas d’erreurs
Mais des pas dans le noir
Et quand on n’y voit rien
Les amis sont sur les chemins

Elle, elle est formidable
C’est cent fois mieux que raisonnable
Incontestable
Elle est tous mes amis
Et pourrait êtr[e] n’importe qui
N’importe qui

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7 août 2011 – Ces drôles d’humains (essai parolier)

Les vach[es] qui regardent passer les trains
Les comprennent bien ;
Le rêv[e] pass[e] au fond de leurs yeux bovins
Qui n’attendent rien.
Ils sont tout comme ell[es] au bord de la route
Et sans doute
Ont-ils vu passer des milliers de trains…
Ce sont bien

Ces drôl[es] d’humains,
Un peu étranges,
Qui ont parfois les yeux marins,
Qui ont dû voir des anges
Ou leur destin
Pour avoir ce sourire
Et ces airs[-]insensés,
Pour pouvoir toujours dire
Ce qu’on préfèr[e] cacher ;
Ces drôl[es] d’humains
Que l’on ne comprend pas,
Que l’on encens[e] puis jette aux chiens
– Ou vic[e] versa –
Curieux destin !

Même noyés dans une foule immense,
Skippers solitaires,
Ils savent trouver leur propre cadence
Et par vents contraires ;
Mais chacun espère atteindre à la nage
Un rivage
Où l’on sait apprécier, où l’on ne plaint
Ni ne craint

Ces drôl[es] d’humains,
Plutôt étranges,
Qui ont parfois les yeux marins,
Qui ont dû voir des anges
Ou leur destin
Pour avoir ce sourire
Et ces airs[-]insensés,
Pour pouvoir toujours dire
Ce qu’on préfèr[e] cacher ;
Ces drôl[es] d’humains
Que l’on ne comprend pas,
Que l’on encens[e] puis jette aux chiens
– Ou vic[e] versa –
L’affreux destin !

L’araignée là-haut sème à bicyclette
De p[e]tits grains d’étoile,
Génie de leur cœur, folie de leur tête,
Ell[e] tisse sa toile ;
Ils s’en feront des couvertures d’espoir,
Des mouchoirs,
Car par tous les temps, les vents, les chemins,
L’erranc[e] tient

Ces drôl[es] d’humains,
Un peu étranges,
Qui ont parfois les yeux marins,
Qui ont dû voir des anges
Ou leur destin
Pour avoir ce sourire
Et ces airs[-]insensés,
Pour pouvoir toujours dire
Ce qu’on préfèr[e] cacher ;
Ces drôl[es] d’humains
Que l’on ne comprend pas,
Que l’on encens[e] puis jette aux chiens
– Ou vic[e] versa –
Curieux destin !

Un jour, ravagés, ils s’écroulent enfin ;
Quelle triste fin !
Malgré tout l’amour, la lumière s’éteint…
Mais vos pleurs sont vains :
Ils sont les géants d’un monde en déroute
Qui les voûte ;
Par l’éternité, enfants célestins
Ils vont bien,

Ces drôl[es] d’humains,
Toujours étranges,
Qui ont parfois les yeux marins,
Qui ont dû voir des anges
Ou leur destin
Pour avoir ce sourire
Et ces airs[-]insensés,
Pour pouvoir toujours dire
Ce qu’on préfèr[e] cacher ;
Ces drôl[es] d’humains
Que l’on ne comprend pas,
Que l’on encens[e] puis jette aux chiens
– Ou vic[e] versa –
Rient du destin !

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Non classé, Santé et bien-être

21 novembre 2010

Novembre ; je suis en exil. Novembre est-il partout le même ? Je le crains, oh ! oui, je le reconnais bien, il me délivre ici la même hypocrisie, mensonge latin d’une gestation qui arrive à son terme… onzième mois. L’enfant est-il né – quel enfant ? Je le crois, septembre m’offrit le voyage et la bohème, et la nouveauté à l’envi. Il y avait cette foule d’arbres, et les lumières sur le fleuve, dont je pensais pouvoir subsister… l’automne vint.  D’arbres il reste ces silhouettes décharnées – quelques copeaux rouges sang s’y balancent encore tristement – trop disséminées, on voit au travers. Et toute cette eau, prétendument sauvage, toujours je la vois – trop fade bien que jamais la même – couler dans le même sens, toujours, et je m’y jetterais bien pour retrouver l’immensité salée vers laquelle elle fuit sans relâche. Novembre, je te connais bien, ta noirceur terrible, je la supporte dans le souffle de la multitude des cadavres de feuilles qui tourbillonnent, dans la force des essences décennaires qui ont essuyé d’autres tempêtes et que je vais voir debout année après année, dans la familiarité des chemins inconnus qui partagent pourtant ce même passé péninsulaire ; je l’accepte dans l’odeur de goémon des vieilles criques, dans la splendeur des orages qui remuent la majesté de liquides démesures, dans le mugissement des vents – mot euphémique – qui recèle des rires salés d’amphibiennes, des cavalcades d’esprits cornus, des chants et déchants tintinnabulants d’enfants de la nuit. Mais ici ? De nuit comme de jour elle suinte dans l’obscure inhospitalité d’un environnement indéchiffrable ; tu la laisses dégoutter dans le vide de mon entendement, sans qu’aucun vent ne la balaye ni qu’aucune pluie ne la lave, et elle se répand sur les derniers miroitements chaleureux, assombrissant tout de ce qui m’est déjà étranger. Novembre : l’antique épreuve prend un visage déconcertant. Comment traverser ce mois de ténèbres, et ses rets aveugles qui m’enserrent ; oh, noire mélancolie, faut-il que tu t’imprègnes de nostalgie ? J’erre entre mes murs, car je crains maintenant la morsure d’un froid purulent. Miel et épices sont à peine assez pour mon corps ; comment nourrir mon âme ? J’ai bien tenté, en arpentant les rues et les chemins mal aplanis, en visitant l’ancienne forteresse et l’histoire de ces lieux, de trouver la lumière intérieure de cette région au charme énigmatique. Seules me répondent des angoisses anciennes. Mes yeux fermés voient des forêts aux odeurs de sous-bois puissantes, craquetant de branches et de pas étouffés, et des vagues immenses portant avec fracas la violence pure et souple crêtée d’une écume chuchotante, lames de sel toujours plus grandes, jusqu’à la déferlante. Mes yeux ouverts, remplis d’absences, souffrent de tendresses enfouies pour des gens et des lieux qui ne sont plus à ma vie. Affreux novembre, affreux, cette terre trop lointaine altère tes ruses et les fait insondables. Ailleurs, le mois est noir, autour de mes paupières recloses.

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Voyages

17 août 2010


J’allais parmi la brume, et les cieux endeuillés
Fermaient là-haut, sur ma tête, leur aile noire
De noirs corbeaux muets; l’air était d’encensoir,
L’ombre était de tombeaux aux cyprès effeuillés.

Mon pas oppressé mène lourdement
À un tronc, lourd de chagrin, qui m’épaule :
– Dis-moi, quelle est cette peine, grand saule
Sous lequel je vais verser mes tourments?

Folie m’étreint; l’arbre répond. Propos
Qu’il tint en moi allèrent se ficher.
– Pleurez l’amour infini et sachez
Que l’ire est noire et l’ombre sans repos.

La brume dissipée fit découvrir la terre;
A mes pieds rayonnaient mille chemins connus
Que la lune implacable éclairait, morne et nue…
Mais au champ ressemé reste beaucoup à faire.
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