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20 février 2017

Quelqu’un a eu le cran qui seyait. C’est ainsi (arbitrairement, je préfère la thèse de la volonté) que j’ai désobscurci l’annonce d’accident grave voyageur qui m’a fait invoquer l’esprit des connecteurs logiques perdu qui niche dans chaque alliance métallique et perdre une heure à travers les brises souterraines. Ce soir le ballast était neuf, blanc comme la craie par endroits (peut-être utilise-t-on, qu’en sais-je, une espèce de craie pour éponger les dernières traces de fluides organiques et de produits de « nettoyage »). Point de honte pour cette curiosité dite malsaine qui attire les yeux partout où pourrait subsister une trace sans équivoque du drame de cet après-midi. Peine perdue de toute façon. Je marche vers le bord du quai et mon reflet vibrant, passe dans un erre-hère fou qui ne sait plus très bien où il va, tout ébranlé sans doute de la terrible aventure arrivée à son semblable, puis assise là comme à bord d’un cauchemar j’observe entre les stridences et les clignotements obsessionnels dodeliner la tête des voyageurs ici et dans le reflet des vitres, grosse chose imbue sur son corps épouvantail qui se croit le centre du monde qu’elle enclot, grosse chose instable qu’un souffle, un seul souffle suffit à faire envoler.

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Santé et bien-être, Voyages

16 décembre 2013

C’était poussières et buée, sacs plastiques, contreplaqué ;
La tristesse suintant des murs chancelait entre les cartons
Je ne sais plus à quel étage ; on y montait sur le béton
D’une cage glaciale et nue ; l’endroit ne m’a jamais manqué.

Il fallait bien qu’on y passât deux quatorzièmes de ses jours
À sentir le temps trépasser ; et avant même d’y descendre
On portait le deuil du ciel bleu dans l’avenue couleur de cendre
Clouée d’étiques tilleuls debout là pour de mortes amours

Comme entre eux, les talons hautains et les cous de pied souffrants,
(Sans être perçu par l’enfant dont les yeux traversaient le monde)
Suisse en sa livrée de nylon, tout à son immobile ronde,
L’homme au sourire peint qui le vendait à tous offrants.

On pratiquait masque de morgue et lourd manteau de transparence,
Parfois, de paroles acides titillant son désespoir
Ou regardant vieillir, quand on ne l’évitait pas, le miroir
Mais se cloîtrant le plus souvent dans les yeux mi-clos du silence ;

La pédale d’une Singer ne chantait pas pour nous le soir
Sous la glace de nos cahiers réfléchissant l’affreux meublé
Et puis on se gelait le cœur à deux dans un lit sans parler,
À ne pas dormir, immobile, à moins d’un violent cauchemar :

L’enfant était pris de frissons, son pied froid heurtait mon genou
Tandis que, les yeux béant sur une sombreur pis que la nuit,
J’entendais chacun, dans le noir, et au-delà, comme d’un puits,
Des trains express entrés en gare, un par un, s’en aller sans nous.

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Santé et bien-être, Voyages

28 juillet 2013

Un cauchemar de monde
Où les murs sont un liquide noir
Et des rires luisent au fond des yeux sans fond
Ces soleils blancs ces ronds aveugloirs
Plats comme des pièces dépleuvant du plafond
Dans une boue immonde
Est trop tôt ennuité par le soir

Cette unique rotonde
Où s’agitent de roux arrosoirs
Plantée dans une liane grimpant du tréfonds
Joue sous le ra- sur le reposoir
Une polka qui fond sur les séquestrés du plafond
Et l’on verse une ronde
Empoisonnée par d’affreux espoirs.

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