Voyages

19/10/2010

Soudain survint le jaune, englobant tout ;
Aux longs membres sombres le cuivre s’effeuillait,
Ne consentant plus d’ombre ; et le soleil brillait
Acrylique liquide, de partout.

Or d’entre les colonnes s’envolait
Une pluie d’éclats d’ors, qui fit comme un rideau ;
Et voilée, ma vie nue ne fut plus un fardeau
– Tout bas, déjà, l’automne s’étiolait.

Le monde s’offrait telle une couronne,
Joyeux et tournoyant tombeau de boutons d’or,
Et je m’étonnai de distinguer que la mort
Pût être aussi belle à qui lui pardonne.

Dans ce décor luisant je me coulais,
Foulant le blond tapis de feuilles gorgées d’eau
Sous la voûte ajourée où riait un rondeau ;
Mais blondeur n’eut qu’un temps, qui s’écoulait.

Immonde est l’aube murée qui grisonne,
Embrumant mon cerveau d’un linceul insonore.
La glace se tapit sous les tons que j’arbore
– Qui saura nommer ce qui m’empoisonne !

Souvent m’efforçant de rester debout
J’observe les troncs secs, sinistres et inquiets,
Et songeant que la sève, ambre en sommeil douillet
Sous l’écorce y subsiste, malgré tout.

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Divertissement, Voyages

12 novembre 2009 (sans sérieux)

Toute de noir vêtue dans les couloirs sans fin
Au bras, un bracelet – dont le prix sera tu –
Jambes encollantées – quarant’ deniers, vois-tu –
Elle déambulait, un lourd sac à la main.
Gracieuse comme un aigle – ou comme un aiglefin –
Elle semblait danser dans ses souliers pointus;
Ignorant les regards qui tombaient sur son ***,
Altière et indomptée, elle allait son chemin.
Descendant l’escalier comme une de Lussan,
Souriant comme dû à un enterrement,
Voici qu’elle sursaut’ ; de transport, elle s’étale.
Il se tient devant elle: un homme ! un vrai ! un grand !…
Il l’aide et la relève, il est blond et charmant,
« Attention », souffle-t-il, « jupe trouée… fatal ! »
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