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21 juin 2013 – Noirvoyances

[youtube:http://youtu.be/kw-U9PERRv0%5D

C’est juin qui parle
Nuit de juin, cent-sept ans
Tu vois d’un vin qui n’a plus de goût
Ce noir il a plu
Comme
L’avidité passe et la passion
Reste
Encore un peu

Je n’ai rien
À dire que ce qui passe
Par moi
Passe

Tout erre
Juin sans bruit
Les ciels purs
La jeunesse
Il n’y a
Rien à comprendre
De juin
Il paraît qu’on a bu

Je ne garde rien
Passent les choses
Les gens
Aussi je vois

Les cimetières pleins
De morts qui n’y sont pas
Les visages erronés
Les corps
Intacts
Mes mains courent
La nuit mange la nuit
Il fait tellement beau

Je ne suis
Que de passage
Aussi vois-tu
Ce que je dis…

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Voyages

3 mai 2009

Oh! que la lumière vienne de l’intérieur ;
Qu’elle éclaire le monde et cesse d’éblouir !
Je voudrais, et il faut – le temps est un pilleur –
Que tout soit clair et pur et profond, et le pire
Vidé jusqu’à la lie, et le plus beau d’ailleurs
Absolument vécu ; je ne veux pas mourir
De regrets étouffée, consumée de rancœur,
Nue dans l’amertume de menteurs souvenirs.
Antan s’est installé, jadis prend de l’ampleur ;
Même bientôt rejoint prochain, et ils expirent.
Où ont passé les neiges bleues de l’avenir ?
Car celle-ci, souillée, n’est que torrent de pleurs…
Comment, lassitude, retrouver le désir ?
Car la grâce a cessé ; l’ombre peut advenir.
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Premier Amour (13 janvier 2007)

 
Je l’ai aimé comme aime la jeunesse. Il était plus indépendant que moi, peut-être un peu plus âgé aussi. Ses parents lui avaient offert son propre moyen de transport. Il faisait crisser les roues sur le goudron ; il venait chez moi, je l’attendais ; je le menais dans ma chambre, et là nous jouions aux jeux innocents auxquels on joue à deux lors que l’on a cet âge.
Il avait un prénom de petit dieu celte, un regard vif et bleu et des cheveux blonds comme des cheveux de tout petit enfant.
Je me dis parfois qu’il ne m’aimait pas vraiment. Jamais il ne l’a dit explicitement, et je n’ai pas mendié les trois mots qui m’en auraient assurée. Quand il est parti pour la grande école à laquelle ses parents le destinaient, je n’ai pas reçu de lettres de lui, et depuis lors je ne l’ai plus jamais revu. Mais parfois je ne peux pas m’empêcher de repenser à lui…
Je le revois encore, grand et fier comme dans mon souvenir, son engin lancé à fond dans la rue étroite de notre village, les cheveux rendus fous par la vitesse, les deux mains fermement serrées sur le guidon.
Ah ! qu’il était beau sur son tricycle !
 
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Voyages

31 mai 2006

 
L’arbre se tenait là, éternel gardien
De pays inconnus, au-delà des falaises,
Sentinelle immobile ; un surprenant malaise
S’emparait de tout ceux qui regardaient au loin.
 
L’arbre se tenait là, centenaire veilleur
Du royaume invisible, il semblait regarder
Les jeux des Mari Morgan avec les noyés
peuplant un monde étrange, mais peut-être meilleur…
 
C’était un beau vieux pin, bossu et tortueux
Un arbre aux branches rudes et au tronc noueux
Qui offrait ombre à tous, sur un îlot perdu.
 
Il eût caché la plage, alors on l’a coupé.
Il n’empêche que depuis lors, j’aie beau regarder
Je ne vois plus que vagues, baigneurs et roches nues.
 
 
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