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26 janvier 2013

Le noir cortège d’arbres dressés

Dans les virages

Écoute le métal crisser

De blancs orages ;

Et raclant le double-vitrage

Las de passer

Les champs déroulent des mirages

De trépassés ;

Écoute poindre en tâches d’ombres

De l’aube vaste

Que l’œil dissout encore les sombres

Pierres du ballast

Et chaque station l’oubli rompre,

Pour le Fahrgast,

Des abandons de soi sans nombre,

De faste en faste.

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19/10/2010

Soudain survint le jaune, englobant tout ;
Aux longs membres sombres le cuivre s’effeuillait,
Ne consentant plus d’ombre ; et le soleil brillait
Acrylique liquide, de partout.

Or d’entre les colonnes s’envolait
Une pluie d’éclats d’ors, qui fit comme un rideau ;
Et voilée, ma vie nue ne fut plus un fardeau
– Tout bas, déjà, l’automne s’étiolait.

Le monde s’offrait telle une couronne,
Joyeux et tournoyant tombeau de boutons d’or,
Et je m’étonnai de distinguer que la mort
Pût être aussi belle à qui lui pardonne.

Dans ce décor luisant je me coulais,
Foulant le blond tapis de feuilles gorgées d’eau
Sous la voûte ajourée où riait un rondeau ;
Mais blondeur n’eut qu’un temps, qui s’écoulait.

Immonde est l’aube murée qui grisonne,
Embrumant mon cerveau d’un linceul insonore.
La glace se tapit sous les tons que j’arbore
– Qui saura nommer ce qui m’empoisonne !

Souvent m’efforçant de rester debout
J’observe les troncs secs, sinistres et inquiets,
Et songeant que la sève, ambre en sommeil douillet
Sous l’écorce y subsiste, malgré tout.

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9 octobre 2010



Silence sur mes yeux car la brume m’enserre
– Comme choit la noirceur – infimement se meut
Et dans mes os, mon cœur, et mon âme, se veut
Infâme souveraine – où des soleils dansèrent !

À ma mémoire échappent les jours qui passèrent,
Aux étoiles filées j’oublie jusqu’à mes vœux ;
Ils ressemblent aux songes, ces halos fumeux,
Puis que tous sont éteints ; ma voie est un mystère.

– J’ai cru depuis l’aube des astres m’entourer ;
Vint le crépuscule ; n’étant plus éclairés
Ils jetèrent leurs masques – vains miroirs –; s’éteignirent. –

Ma voix gèle, au désert… Mais, oh ! l’inespéré !
Voici que me sourient des flambeaux ignorés :
Âmes resplendissant, ô âmes qu’hui j’admire !

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18 juillet 2010


De nuit éparpillée naît l’aube lentement,
Barbouillée de nuée ; les gens qu’elle réveille
Œuvrent à balayer des excès de la veille
La ville ensommeillée, silencieusement.

Les femmes impassibles aux cheveux de sinople,
Allongées dans leur rêve au fond de la rivière,
En songe voient passer sur leurs yeux de lumière
Déchets qui rouleront jusqu’à Constantinople.

L’épais trottoir sans âge, de mauvaise humeur,
Fait le dos rond aux mouettes qui entr’ouvrent l’aile,
Blanches sur le pavage aux lignes poivre et sel,
Grises dessous le ciel qui déploie ses couleurs.

C’est dans une eau plus trouble, au jour adolescent,
Que jouent à cache-cache des poissons de fer,
Miroirs doubles tranchant l’onde – l’un, ventre à l’air,
Gît dans un flot d’ordure, où le soleil descend.
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30 novembre

À l’ami qui m’a pourvue du premier vers.
Que la nuit calme et pure apaise ton esprit
Et que le chant des flots d’étoiles souveraines
Te conte les pirates et les vertes sirènes
Qui naviguent en des eaux où un rêve insurpris
Étale ses couleurs, ses camaïeus de gris
Sans retenue, sans fin, sans l’ombre d’une gêne
Et se laisse glisser aux vagues qui l’amènent,
Et l’écume des nuits, où la grève est un ris.

– 

Paisible et lumineux au-delà des nuages,
Ainsi va le dormeur, heureux, dont la marée
Emporte la nacelle où le songe la grée.
L’esquif ainsi pourvu peut affronter des âges
Les grains et les mers d’huile; un monde se recrée
Jusqu’au havre de l’aube, dont voici l’orée.
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