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SA III 6 juillet 2018

Avec vous
J’ai traversé l’été
J’ai traversé les pénibles, les rugissants et les gémissants
Avec vous j’ai bu la mer aux fontaines de l’aurore
Je me suis déroulée dans une herbe instable abondant de promesses
J’ai couru
Avec vous
Je me suis enfuie vers des gouffres plus profonds, des combes plus paisibles
J’ai failli y laisser ma raison
Pour vous
J’ai quitté mon père et ma mère
J’ai abandonné mes enfants
J’ai marché sur les confins de la terre
Sur un fil d’équilibriste
Je me suis jetée depuis des hauteurs
Vous étiez là quand j’ai ri
Vous étiez là
Au moment où le premier cri a déchiré l’abîme
Oh ! vous étiez là
Et moi
Moi stupide
Qui n’ai rien compris
Qui ne comprenais ni ne voyais rien
Moi je vous suivais mais j’avais peur
Si peur !
Et pourtant je ne connaissais pas la peur
Pourtant j’avais en moi la force de mille chameaux de somme
Dans les entrailles
Pourtant je savais souffrir
Alors que vous
Depuis le départ vous saviez
Où nous allions
Vous saviez que vous ne saviez pas
Et vous me conduisiez pourtant
Comme une bête,
Une autre bête
À travers les éboulis
Jusques au bout du monde raisonnable
Jusques à l’inconnue
La grande X
La grande ourse
Celle qui connaît tous ceux
Qui ne la connaissent pas
Voyez-vous
Nos pas dans la voie lactée
Voyez-vous le reflet de nos pas
Sur la Terre
Et les millions de galaxies
Voyez-vous au-delà
Non
Vous ne voyez pas
Vous ne connaissez que l’étrange silence
L’oppression
La constriction du cœur qu’il faut fuir
Par les vallons
Par les portes entr’ouvertes
Par les grilles à sauter
Les ruisseaux à enjamber
Dans la nuit qui approche
Où vous mène mon ombre
Qui vous précède
Avec vous
Je passerai à gué
Je traverserai les années
Comme un souffle de vent
Un chuchotis dans les branches
Ce sera rapide
Vite passé

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13 janvier 2014

 

I.

Dans cette main vide il y a
Un creux
Deux fois deux fois deux années
Tassées
Qui se déplient comme des voiles
La barque
N’est pas au port, ni le pin, mât
Puis les
Années fusent et sont passées
Dans cette main vide il y a
Un mur
Du plomb dont on fait les bourdons
Muet
Gaspillage d’un ciel de lait
Dans cette main vide il y a
Un lac

II.

 

Passant la main sur un mur mouillé
Je rencontrerai des épines
Je tremblerai doucement de peur
Qu’elles me déchirent la peau
(Cette peau neuve et non
Encore éprouvée)
Et en me guidant au son
De la pluie ruisselante je
Trouverai les roses les yeux
Fermés palpitantes de couleur
Inconnue prête à se diluer
Et j’écouterai :
Faudra-t-il cueillir les
Roses ? Je ne sais.
Les épines me diront ;
Je saurai.

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22 juillet 2013 – Jeunes Charrues

Au bourg les impressions m’acculent
– Feux crépuscules ;
Nouvelles-nées –
Car la vie mouette a passé.

Une infante assoiffée titube et s’émerveille,
Qui tombait ;
Les socs de cette terre ont fait de longs sillons
Dans la baie.

Voici que quinze ans ont passé
– Vois cet été
De canicule
– Où tombe le vent et recule.

 

Au coin que l’on vous a vendu
Rit – attendue –
La maisonnée
– C’est là le fruit de tant d’années.

De la terre et la mer les enfants tout pareils
Ont changé ;
Près des grands estropiés les jeunes arbres sont
Plus âgés ;

De cinquante à soixante années
Vous retrouvez
– Vous sont rendues –
Que vous n’aviez jamais perdues.

 

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9 mars 2012

 – 

Ce soir les années ont passé

Il faisait beau dans le miroir

Qui doit être au fond d’un tiroir

Si j’avais su j’aurais dansé

Quand les rideaux étaient tirés

J’aurais branché le tournedisque

Mis vingt centimètres de risque

Sur ma nuque un ruban doré

Et avec Strauß ou bien Händel

Jacques Brel ou Boris Vian

Visage clos et souriant

Inventé un autre rondel ;

J’aurais déposé ma vieillesse

Moi, qui crevais de tant d’antans,

Encor bien loin de mes vingt ans

J’aurais feint la délicatesse

Flottante d’un ruban doré

Me serais rêvée odalisque

Lointaine comme un obélisque

Ou reine folle et adorée

Exhortée par des chants de liesse

Pour moi tous ces tambours battant

Et mes membres les écoutant

Obombrant le soir d’allégresse

Si je l’avais su éternel

J’en aurais fait un soir brillant

D’ombres chinoises, dépliant

Mendelssohn et Carlos Gardel

Déjà les vingt ans trépassés

Mon œil est toujours aussi noir

C’est ce qu’en dirait le miroir

Si sa glace n’avait cassé.

– 

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31 décembre 23:53

 
Dans sept minutes nous serons en 2008 : une nouvelle année, encore ; et on s’en étonne encore ?
 
      Si je devais faire mon bilan pour celle qui touche à sa fin, que dire ? Ce fut une année riche, une année intense. Je crois que je n’ai appris pas mal de choses cette année, dont peut-être certaines que je n’aurais pas voulu apprendre, pas de cette façon, et d’autres, merveilleuses, dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Je crois que j’ai grandi cette année, même si la toise dira le contraire – comme cela fait au moins cinq ans qu’elle s’y obstine, je commence à m’y faire, et ne la crois plus. On m’a dit que j’ai changé ; j’ai l’impression que c’est le monde qui change, ou alors mon point de vue sur le monde, comment savoir ? Des liens se sont tissés, d’autres, plus lâches, ont cassé. J’avance.
 
7, 6, 5, 4, 3, 2, 1… Bonjour !
 
      Il y a des feux d’artifice dehors, que célèbre-t-on ? On se donne du courage, pour affronter l’inconnu aux multiples visages ; on fait du bruit pour conjurer l’incertitude. De quoi a-t-on peur ? Le monde est ouvert, à autre chose peut-être. Tout reste à faire, à découvrir. Enterrons 2007, qui n’a plus rien à nous apporter, dans la bonne humeur, puis qu’arrive 2008, pleine de promesses et d’espérance. Promettons-nous d’être meilleurs à touts points de vue, et espérons y arriver, pour nous et pour notre monde.
Bonne année 2008 !
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