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13 janvier 2014

 

I.

Dans cette main vide il y a
Un creux
Deux fois deux fois deux années
Tassées
Qui se déplient comme des voiles
La barque
N’est pas au port, ni le pin, mât
Puis les
Années fusent et sont passées
Dans cette main vide il y a
Un mur
Du plomb dont on fait les bourdons
Muet
Gaspillage d’un ciel de lait
Dans cette main vide il y a
Un lac

II.

 

Passant la main sur un mur mouillé
Je rencontrerai des épines
Je tremblerai doucement de peur
Qu’elles me déchirent la peau
(Cette peau neuve et non
Encore éprouvée)
Et en me guidant au son
De la pluie ruisselante je
Trouverai les roses les yeux
Fermés palpitantes de couleur
Inconnue prête à se diluer
Et j’écouterai :
Faudra-t-il cueillir les
Roses ? Je ne sais.
Les épines me diront ;
Je saurai.

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22 juillet 2013 – Jeunes Charrues

Au bourg les impressions m’acculent
– Feux crépuscules ;
Nouvelles-nées –
Car la vie mouette a passé.

Une infante assoiffée titube et s’émerveille,
Qui tombait ;
Les socs de cette terre ont fait de longs sillons
Dans la baie.

Voici que quinze ans ont passé
– Vois cet été
De canicule
– Où tombe le vent et recule.

 

Au coin que l’on vous a vendu
Rit – attendue –
La maisonnée
– C’est là le fruit de tant d’années.

De la terre et la mer les enfants tout pareils
Ont changé ;
Près des grands estropiés les jeunes arbres sont
Plus âgés ;

De cinquante à soixante années
Vous retrouvez
– Vous sont rendues –
Que vous n’aviez jamais perdues.

 

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9 mars 2012

 – 

Ce soir les années ont passé

Il faisait beau dans le miroir

Qui doit être au fond d’un tiroir

Si j’avais su j’aurais dansé

Quand les rideaux étaient tirés

J’aurais branché le tournedisque

Mis vingt centimètres de risque

Sur ma nuque un ruban doré

Et avec Strauß ou bien Händel

Jacques Brel ou Boris Vian

Visage clos et souriant

Inventé un autre rondel ;

J’aurais déposé ma vieillesse

Moi, qui crevais de tant d’antans,

Encor bien loin de mes vingt ans

J’aurais feint la délicatesse

Flottante d’un ruban doré

Me serais rêvée odalisque

Lointaine comme un obélisque

Ou reine folle et adorée

Exhortée par des chants de liesse

Pour moi tous ces tambours battant

Et mes membres les écoutant

Obombrant le soir d’allégresse

Si je l’avais su éternel

J’en aurais fait un soir brillant

D’ombres chinoises, dépliant

Mendelssohn et Carlos Gardel

Déjà les vingt ans trépassés

Mon œil est toujours aussi noir

C’est ce qu’en dirait le miroir

Si sa glace n’avait cassé.

– 

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31 décembre 23:53

 
Dans sept minutes nous serons en 2008 : une nouvelle année, encore ; et on s’en étonne encore ?
 
      Si je devais faire mon bilan pour celle qui touche à sa fin, que dire ? Ce fut une année riche, une année intense. Je crois que je n’ai appris pas mal de choses cette année, dont peut-être certaines que je n’aurais pas voulu apprendre, pas de cette façon, et d’autres, merveilleuses, dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Je crois que j’ai grandi cette année, même si la toise dira le contraire – comme cela fait au moins cinq ans qu’elle s’y obstine, je commence à m’y faire, et ne la crois plus. On m’a dit que j’ai changé ; j’ai l’impression que c’est le monde qui change, ou alors mon point de vue sur le monde, comment savoir ? Des liens se sont tissés, d’autres, plus lâches, ont cassé. J’avance.
 
7, 6, 5, 4, 3, 2, 1… Bonjour !
 
      Il y a des feux d’artifice dehors, que célèbre-t-on ? On se donne du courage, pour affronter l’inconnu aux multiples visages ; on fait du bruit pour conjurer l’incertitude. De quoi a-t-on peur ? Le monde est ouvert, à autre chose peut-être. Tout reste à faire, à découvrir. Enterrons 2007, qui n’a plus rien à nous apporter, dans la bonne humeur, puis qu’arrive 2008, pleine de promesses et d’espérance. Promettons-nous d’être meilleurs à touts points de vue, et espérons y arriver, pour nous et pour notre monde.
Bonne année 2008 !
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10 mars 22:54

    Ce soir il faut que j’écrive. Il s’est passé tant d’événements en quelques jours, que j’ai l’impression qu’ils ont remplis dix de mes années, et pourtant ces événements pourraient être réduits à quelques mots – incapables d’exprimer l’étendue de leur importance.
    Deux morts tragiques autour de moi, et leurs conséquences. Deux morts qui sont arrivées à des personnes qui ne se sont jamais connues, deux morts arrivées à plusieurs heures d’intervalle. deux morts qui n’ont a priori rien à voir, et qui pourtant seront inextricablement liées dans ma mémoire. Parce que. On ne le dira jamais assez. Il faut dire aux gens qu’on les aime, les connaître quand il est encore temps. Parce que. La mort arrive toujours trop tôt, qu’elle tombe sur quelqu’un qui est âgé de 87 ans ou sur quelqu’un qui n’en a que 18. Parce que. Le fardeau des jamais plus est toujours trop lourd pour que nos larmes aient encore à porter tous les jamais.
    Les larmes, parlons-en. Il est des situations où on se rend compte qu’elles ont parfois coulé sans raison suffisante, et où on aimerait pourtant pouvoir les retenir quand un éclair de pudeur nous prend, sans y parvenir ; un peu plus tard, quand on n’en a plus, on aimerait qu’elles coulent encore, qu’elles nous lavent de notre peine, qu’elles nettoyent les écorchures faites par la vie à laquelle on se frotte ou qui se frotte à nous sans qu’on lui ait rien demandé.
    Alors on pleure en dedans, sur tous les souvenirs qu’on a comme sur ceux qu’on n’a pas pu avoir et qu’on ne pourra jamais se faire. On pleure sur ceux qui n’en auront jamais plus, on pleure sur le monde dans lequel il faudra continuer à vivre, un monde sans ceux qui ne sont plus, on espère – qui que l’on soit – qu’ils ont trouvé une paix, peut-être une autre vie. On pleure parce que la nôtre continue malgré tout, parce que le soleil continue à se lever, la terre à tourner autour – la réalité est stupidement cruelle quand on y pense.
    Car on pense. Beaucoup, sans doute mal, sans savoir ce que l’on cherche vraiment. On réfléchit par ce que peut-être réfléchir nous aide à ne pas penser à nous-même, à notre propre souffrance. Mais en fait, on souffre quand même, on se referme peut-être pour ne plus voir ce monde qui nous blesse; et on cependant on entrevoit, entre les larmes qui nous noient le cerveau, que quelqu’un essaye de nous aider à continuer à aimer ce monde.
    Des gens autour de soi, des gens qui ont la même peine, mais qui la portent autrement. Des gens qui sont là pour les autres – peut-être pour s’oublier eux-même. Des gens que l’on admire pour cela. Des gens qui eux sont en vie, qui vous font comprendre qu’il reste du monde à aimer, de la vie à vivre avant la mort, qui vous rappellent que d’autres vies commencent.
    Alors, peu à peu, ces personnes qui étaient vivantes – qui ne le sont plus – deviennent des souvenirs, mais des souvenirs que l’on aime, des souvenirs de gens que l’on se souvient avoir aimé. On réapprend, à vivre, à sourire à d’autres personnes.
    Profitez de votre vie, faites-en profiter les autres, dès que vous le pouvez, dès maintenant. Il n’est pas trop tôt, jamais. Vivez – parfois c’est dur.
    Je remercie tous ceux qui m’ont entourée et qui sont toujours là. Je vous aime.
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