Voyages

13 avril 2018

Les âmes pures virevoltant
Traversent les confins de l’espace,
Esquissant d’incroyables rosaces ;

La trombe soulève les atours
Qui cachent l’essence à la vision
Et deux chairs sont prises de passion.

Si fort l’unisson les aimantant
Soit-il, sans – ici bas – ses heure et place,
Il ploie sous les vanités tenaces.

On ne peut qu’affecter pour un jour
Certains rôles et même ambition,
voire un an ou bien quelques saisons ;

L’absolu, c’est la mort – ou l’instant.
À quoi bon tuer l’ange qui passe ?
Aux fourmis les rangolis s’effacent.

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Voyages

21 mars 2018

Nous glissons tendrement
Vers des jours moins blafards
Dont l’aurore canaille
S’infiltre sans vergogne
Entre nos labyrinthes,

Les cheveux tout fripés
D’avoir roulé par jeu
À travers les collines,
Les yeux ridés déjà
Et, quand on l’aperçoit,
Lâchant un rire bref
Qui meurt en toussement ;

Comme nos doigts sont nus
On les cache de peur
Que nous tentions ainsi
Un vieux croquemitaine ;
Mais qu’on laisse courir
Nos dix chevrettes froides
Dans l’air un peu ouateux ;

Car nous n’apprendrons rien
À l’ombre des cités
Où des profils hagards
Tentent mutuellement
De s’entr’apercevoir
Dans des miroirs de forme
Et de taille diverse ;

Sachons nous en distraire
Et suivons Hémérê
Sur la voie qui ruisselle
Depuis les commissures
Nuageuses, épandant
Son pavement d’or vert ;

Il faudra aller où
Les gens ont l’enveloppe
Si claire que l’on voit
Tout leur bois à travers
Et le cœur assez pur
Pour éclairer nos jungles
Et âpres catacombes ;

À travers l’air du soir
Nous laisserons couler
Tous nos jalets tranchants
Alors joignant les mains
En leur tendre présence
Nous oserons prier
Pour que leur franc regard
Nous glisse jusqu’à l’âme.

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