Divertissement, Voyages

SA V 6 juillet 2018

Tombée de lune sur la rambarde
Les simplissimes se méfient
Et dodelinent en caquetant
Et s’illuminent
Et jacassent
Trois silhouettes dans un clin d’œil
Ont passé sur l’onde
Filé
Rétréci
Disparu
Et toutes les lumières du monde
Se sont enfuies à leur approches
Les simplissimes se concertent
S’auditionnent
Et se récitalent
Avec solennité les échardes
Supinent dans la cédraie.

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13 avril 2018

Les âmes pures virevoltant
Traversent les confins de l’espace,
Esquissant d’incroyables rosaces ;

La trombe soulève les atours
Qui cachent l’essence à la vision
Et deux chairs sont prises de passion.

Si fort l’unisson les aimantant
Soit-il, sans – ici bas – ses heure et place,
Il ploie sous les vanités tenaces.

On ne peut qu’affecter pour un jour
Certains rôles et même ambition,
voire un an ou bien quelques saisons ;

L’absolu, c’est la mort – ou l’instant.
À quoi bon tuer l’ange qui passe ?
Aux fourmis les rangolis s’effacent.

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21 mars 2018

Nous glissons tendrement
Vers des jours moins blafards
Dont l’aurore canaille
S’infiltre sans vergogne
Entre nos labyrinthes,

Les cheveux tout fripés
D’avoir roulé par jeu
À travers les collines,
Les yeux ridés déjà
Et, quand on l’aperçoit,
Lâchant un rire bref
Qui meurt en toussement ;

Comme nos doigts sont nus
On les cache de peur
Que nous tentions ainsi
Un vieux croquemitaine ;
Mais qu’on laisse courir
Nos dix chevrettes froides
Dans l’air un peu ouateux ;

Car nous n’apprendrons rien
À l’ombre des cités
Où des profils hagards
Tentent mutuellement
De s’entr’apercevoir
Dans des miroirs de forme
Et de taille diverse ;

Sachons nous en distraire
Et suivons Hémérê
Sur la voie qui ruisselle
Depuis les commissures
Nuageuses, épandant
Son pavement d’or vert ;

Il faudra aller où
Les gens ont l’enveloppe
Si claire que l’on voit
Tout leur bois à travers
Et le cœur assez pur
Pour éclairer nos jungles
Et âpres catacombes ;

À travers l’air du soir
Nous laisserons couler
Tous nos jalets tranchants
Alors joignant les mains
En leur tendre présence
Nous oserons prier
Pour que leur franc regard
Nous glisse jusqu’à l’âme.

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5 février 2018 – Avant-nuit au parc

 

Malgré des pudeurs d’accin
Le portail laisse filer
Des lueurs de majesté :

Flamboyant comme un espoir,
Cérémonieusement l’astre
Salue la cour des pilastres ;

L’étang cerné de calcin
s’ouvre d’où, ardent, altier,
Un jet s’élance, esseulé ;

Cité grise à contre-soir,
Un labyrinthe sylvestre
Mime des masses alpestres.

Glissent le long des bassins
Esprits des jours oubliés,
Rires au bord des allées ;

Dans les liquides miroirs
Jouent d’aquatiles enfants
Morts il y a trois cents ans ;

Il se répand, indistincts,
Des songes empoisonnés
Où s’ébrouent faune et napée ;

Quand la sorgue vient s’asseoir,
Que luit le dernier or vieux,
Retentit le chœur des freux.

Sceaux 04-02-2018 -03-

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25 janvier 2018

Les bras tendus vers le printemps,
Je dérivais loin des passions
Et les grenouilles de l’étang
Gargouillaient de compréhension.

Mais la nuit glissait dans ma chair
Et mon cœur était un ravin
Où une à une se jetèrent
Des hyades au pleur divin.

Tous les acores de l’étang
Oscillaient comme une illusion ;
Dans leurs arômes entêtants
J’espérais la dépravation.

Les pluies nocturnes me brisèrent
Et j’attendis que la mort vînt
Mais elle rit de ma prière
Et le loriot s’en revint.

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