Santé et bien-être, Simplement, Voyages

16 mai 2017

Suave langueur
Entre les fenêtres montrant les moutons innombrables me tournant le dos
Retour d’une mélancolie légère
Après l’éveil de la chair enfin ébranlée par les rayons qui font mûrir la peau
Temps funambule
Ce sont les instants bénis sous le visage encore chaud
Appel sans nostalgie
Toute la lumière des années fondant sur l’humeur de mes eaux
Souvenirs fantastiques
Larges bleus obsédants
Glissant des fonds secrets de mon enfance caressant les jeunes roseaux
Clarté élémentaire qui se donne
Manifeste corps immensément peuplé dans lequel exister le temps d’un envol de corbeau
Muette symphonie
Avant les signes du soir toucher du bord des lèvres au calice d’un lis d’eau
Sentiment pathétique
Pour m’animer encore scintillent de lits de rivières de larmes d’hommes les vibrants tableaux
Désir de l’essence des autres
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4 avril 2016

 

Les branches sont couvertes de fleurs nouvelles
Le jardin, de constellations bleues et violettes
Moi, je ne peux ouvrir ma fenêtre
Je suis dans le noir
La lumière ne m’atteint pas
Le soleil s’est retiré

Il me semble que le ciel est une marée vermeil
Et le sol, un bourbier pourpre
Que l’on m’a brisé et les pieds et les mains
Car je ne peux me lever
Ni embrasser
Tout m’est interdit

Aux yeux du printemps suis-je criminelle
La nature rejette-t-elle mon amitié
Est-ce déjà la vieillesse
Et dans quel exil gît mon cœur
Faut-il saigner
Faut-il mourir

Il me semble que le monde est un jardin funèbre
Et la vie, une illusion
Que l’on m’a brisé les ailes et la queue
Car je ne peux m’envoler
Vers ce que j’aime
Il en soit ainsi

Les arbres se couvriront de baies nouvelles
Les routes, de constellations bleues et violettes
La liesse éclairera ma fenêtre
Mon chant sera noir
Le soleil n’entrera pas
Où je serai retirée

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(mai 2015)

L’autre jour, du bus qui m’emmenait jusqu’au réseau express régional par le circuit long – car, comme je le fais de temps à autre pour ne pas oublier sans doute tout l’espace offert entre deux points de liaison, j’avais raté le direct – je vis dans la montée qui précède la première gare, juste après la retenue d’eau, une femme et un enfant d’environ six ans, sans doute une vieille Chinoise, ce que je présume car elle portait une de ces vestes matelassée semblables à celles avec lesquelles dort David, bien que la sienne fût plus colorée, et son petit-fils. Pendant que nous passions dans le soleil joyeux, je regardai l’aïeule peindre l’air avec maîtrise de lents mouvements de taï-chi, sa coiffure de nacre élégante ne bougeant pas d’un iota, l’enfant beau comme une peinture du seizième, souriant sans le savoir. Nous nous éloignâmes et je n’oubliai pas la vision. Je ne savais pas encore que ma journée serait un calvaire.

Les bas-côtés sont splendides en ce moment. Les herbes hautes effleurant le ciel le disputent à des coquelicots faussement discrets, entre lesquels descendent, figures pastel, de minuscules Camille et Jean.

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28 novembre 2014

(Illustration : Mélodie de Fauré sur un poème de Jean Moréas : )

Comme une oreille murée
dans un creux de la terre
sous-bois
douillet où
entre les racines les feuilles tomberont
duvet roux, mosaïque
mille pièces d’une courtepointe
La pluie gouttera
la boue montera
baignant le lit
de l’immobilité
où bientôt les animaux auront provende
et la terre engraissera
Le givre prendra
et ce sera confortable
avec les odeurs
de passer
L’hiver
peut-être la neige cherra-t-elle
comme ces draps blancs
bras de poussière
sur les meubles d’inutilité
perdus dans des salles obscures
peut-être que de vieilles branches
craqueront
L’année qui reviendra fera pousser
de la mousse
des primevères
les pulmonaires n’auront jamais été si belles
entre les barreaux rincés
de la cage devenue généreuse
Le bassin fécondé servira de repaire
aux insectes de l’humidité
la courbe de la colonne renversée
se piquera de pommes de pin
et de la boîte
le sauvage souci enfin
sortira

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27 août 2014

 

Deux anges sous un toit dansent avec soleil ;
En la blancheur du lis c’est jambes de compas
Et leurs bouches d’enfants sont deux fleurs de vermeil
Que de la pluie l’éclat même ne connaît pas ;

Il naîtrait, d’un instant à l’orphelin pareil,
D’infinies syncopes où l’ombre du trépas
Glisserait de l’aiguille éblouie de sommeil ;
Lors l’homme revivrait de poussière d’appas…

Soudain l’horloge impassible envahit la rue
Et mâche dans le ciel un malaise ventru ;
On se frotte le front pour en chasser le pli.

Sur la vision le désenchantement se rue ;
Se pourrait-il qu’alors, quand tout a disparu,
D’un rêve, d’une joie, on porte en soi l’oubli ?

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