Autres, Voyages

Chung Hing

Il y a des millions de lieux autour de nous
Il y a des millions d’années avant et après
Il a des millions de croisements
sur le carrefour de la réincarnation

Et, ici, à cette table
______en ce moment précis
Nous partageons
______un thé

Sommes-nous venus à un rendez-vous
Pris dans nos vies antérieures ?

Chung Hing, Il y a des millions in Chants de thé
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Un inventeur de l’esclavage

M. Untel (à la télévision ; l’homme est noir de peau) : Comment peut-on parler d’auto-culpabilisation lorsqu’il est question de la commémoration d’une tragédie ? Parce que l’esclavage, c’est une tragédie…

X (indignée) : Il dit ça, pourtant c’est eux, les premiers responsables !

Y : Quoi ? (interloquée, puis comprenant) … Tu t’entends parler ?

X : Mais oui, c’est les Noirs qui sont responsables !

Y (se maîtrisant) : Mais tu entends ce que tu dis ?!… Je ne t’écoute plus.

X (docte) : Ce sont eux qui ont inventé l’esclavage, hein !

Y (hors d’elle) : Je ne peux plus t’écouter, tais-toi, tais-toi !… Non, parle si tu veux, mais je ne t’écoute plus.

Y quitte la pièce, évitant sans doute de se voir reprocher pêle-mêle les vierges de fer, les autodafés, les chambres à gaz, le capitalisme, le communisme, les combats de gladiateurs, les sacrifices humains, le napalm, la corrida, les guerres de religion et la traite des Blanches, sans oublier le bandage du crâne et celui des pieds, le sabre, le suicide collectif, le sac de Nankin, les castes, la poudre à canon, l’infanticide, l’épuration ethnique, la consommation de poissons vifs, l’immolation des veuves et le papier-monnaie.

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War es dir, dem diese Lippen bebten – Tieck (Était-ce pour toi que frémirent ces lèvres)

Essai de traduction-adaptation :

 

Était-ce pour toi que frémirent ces lèvres,
Pour toi, le doux baiser offert ?
Une vie mortelle procurerait donc un tel plaisir ?
Ah ! quelle clarté, quel éclat flottaient devant mes yeux ;
Que mes sens étaient tous suspendus à ces lèvres !

 

Le regard des yeux clairs
Était habité d’une fièvre qui tendrement m’interpella ;
Tout se remit à tinter en mon cœur,
Mon œil chavira
Et les airs retentirent de chants d’amour.

 

Couple d’étoiles,
Les yeux brillaient et les joues
Agitaient les cheveux blonds ;
Regard et sourire étendirent
L’aile et les douces paroles
Éveillèrent le plus puissant des désirs :
Ô baiser ! comme était ardent le rouge de ta bouche !
Et je mourus, ne prenant vie enfin que dans la plus belle des morts.

Par Ove Madn

Et voici le (beau) poème original :

War es dir, dem diese Lippen bebten,
Dir der dargebotne süße Kuß?
Gibt ein irdisch Leben so Genuß?
Ha! wie Licht und Glanz vor meinen Augen schwebten,
Alle Sinne nach den Lippen strebten!

In den klaren Augen blickte
Sehnsucht, die mir zärtlich winkte,
Alles klang im Herzen wieder,
Meine Blicke sanken nieder,
Und die Lüfte tönten Liebeslieder.

Wie ein Sternenpaar
Glänzten die Augen, die Wangen
Wiegten das goldene Haar,
Blick und Lächeln schwangen
Flügel, und die süßen Worte gar
Weckten das tiefste Verlangen;
O Kuß, wie war dein Mund so brennend rot!
Da starb ich, fand ein Leben erst im schönsten Tod.

Johann Ludwig Tieck

 

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20 janvier 2014

 

La mer et la cathédrale ; la cathédrale
Et la mer se toisent, l’une à l’autre semblant,
De l’immensité fleurant l’algue et le goéland
À la clarté dense tout ombres ogivales,

S’adresser, par un ciel secoué de rafales
Sur le roc pâle qui, pour chacune brûlant,
Les sépare, les lie, et qui trône, tremblant,
De l’une l’ornement, de l’autre le sépale ;

Elles ont des discours pleins de perplexité :
– Ah ! dit l’une, je tue ceux qui t’ont élevée
Puis d’autres dans ton ventre chantent pour leur plaire !

– Ils me soûlent de parfums sur toi transportés !
Or sans fin mugissent et pleurent la mer et
La cathédrale, la cathédrale et la mer.

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Madeleine Riffaud

On les tue par le feu…

On les tue par le feu, l’eau, l’électricité
Eux qui vécurent loin des sources
Et rêvant d’eau toute leur vie.
Eux qui grelottaient, sans charbon
Au soleil glacé du Mouloud.
Eux qui veillaient sans lumière
Au fond d’un bidonville obscur.

La première fois qu’il vit
De près

Une baignoire
Fut le dernier jour de sa vie.

 

Madeleine Riffaud

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