Non classé

26 février 2019 – Je te salue

Ô froidure qui t’épands depuis notre cœur ;
Terrible nuit qui t’étends sous le soleil ;
Ô brame qui fais reculer tous les sons de la vie ;
Brume cristalline qui piques et aveugles ;
Présence d’un rien ni de personne ;
Déni de joies ;
Extincteur de nos rires ; voile infranchissable entre nos corps ;
Avalanche de cailloux gris qui cascadent au milieu des pensées ;
Puissance inintelligible du néant ;
Ô toi qui voles sur nos têtes
Ce qui est sans propriétaire ;
Ce jour encore,
Je te salue ;
Toi qui es un tunnel pour nous
Et qui n’es pour plus personne ;
Qui tires vers le sol nos épaules,
Nos pupilles, nos paupières
Et le nectar de nos yeux ;
Toi qui rends la douceur amère,
La tendresse, nécessaire et déchirante ;
Qui nous confrontes à notre ultime absurdité ;
Toi qui effaceras peu à peu une empreinte déjà ténue
Et feras oublier au miroir un regard, au lit, un poids, aux murs, une voix,
Au cœur, une source de joie ;
Ô manticore,
Je te salue ;
Affre inéluctable ;
Souvenir de riens ;
Lourdeur abêtissante ;
Infinité insupportable ;
Mutation de liens ;
Spasmodie galopante ;
Apprentissage imparfait de l’absence ;
Espoir déçu ;
Torture sans objet et sans tortionnaire ;
Glissement de la Terre ;
Coup de massue ;
Près de son corps,
Je te salue.

Publicités
Par défaut

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s