Santé et bien-être, Voyages

16 décembre 2013

C’était poussières et buée, sacs plastiques, contreplaqué ;
La tristesse suintant des murs chancelait entre les cartons
Je ne sais plus à quel étage ; on y montait sur le béton
D’une cage glaciale et nue ; l’endroit ne m’a jamais manqué.

Il fallait bien qu’on y passât deux quatorzièmes de ses jours
À sentir le temps trépasser ; et avant même d’y descendre
On portait le deuil du ciel bleu dans l’avenue couleur de cendre
Clouée d’étiques tilleuls debout là pour de mortes amours

Comme entre eux, les talons hautains et les cous de pied souffrants,
(Sans être perçu par l’enfant dont les yeux traversaient le monde)
Suisse en sa livrée de nylon, tout à son immobile ronde,
L’homme au sourire peint qui le vendait à tous offrants.

On pratiquait masque de morgue et lourd manteau de transparence,
Parfois, de paroles acides titillant son désespoir
Ou regardant vieillir, quand on ne l’évitait pas, le miroir
Mais se cloîtrant le plus souvent dans les yeux mi-clos du silence ;

La pédale d’une Singer ne chantait pas pour nous le soir
Sous la glace de nos cahiers réfléchissant l’affreux meublé
Et puis on se gelait le cœur à deux dans un lit sans parler,
À ne pas dormir, immobile, à moins d’un violent cauchemar :

L’enfant était pris de frissons, son pied froid heurtait mon genou
Tandis que, les yeux béant sur une sombreur pis que la nuit,
J’entendais chacun, dans le noir, et au-delà, comme d’un puits,
Des trains express entrés en gare, un par un, s’en aller sans nous.

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