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Les portes de train

Nächste Station : Cadenberge. Je suis dans le Metronom pour Hamburg HBF (nous sommes le 21/12/2012 – jour de la Révélation ?) il est bientôt 19 h 43 à ma montre (nous avons quitté Cadenberge), qui avance un peu. Calcul rapide : cela fait deux mois et demi – plus précisément : et treize jours et demi – que je suis en Allemagne… jamais encore je n’étais restée aussi longtemps hors de France, ni même hors de Bretagne. Si j’ai été, comme toujours avant un voyage de plusieurs heures, excitée et anxieuse, cela n’a pas atteint le point de m’empêcher de dormir la nuit dernière (quand bien même, par une stupide (… je lève la tête du revers d’enveloppe où je suis en train de griffonner, une tête coiffée d’un bonnet gris s’est profilée dans la lumière crue réfléchie par les vitres du train. Puis un deuxième bonnet (j’allais écrire une… le mot Mütze me semble maintenant refléter une certaine réalité féminine et le bonnet m’est devenu presque, oui presque étranger), une flopée de bonnets, c’est toute une famille allemande qui entre dans la voiture auparavant presque vide, gens qui discutent gaiement mais sans le sans-gêne criard français. Le train roule, j’imagine le paysage (car il fait nuit noire) défiler. Aussteigen : Fahrtrichtung links, la descente du train s’effectue par la gauche. Cela ne me concerne pas, Hambourg est encore loin, mais j’apprécie cette attention, cette prévenance habituelle, incluse dans le forfait : civilité allemande – jusqu’au numéro du quai consultable en ligne, inscrit sur les billets. L’aspect intérieur (j’hésitais entre design et décoration) du Metronom n’est, lui, ni spécialement agréable, ni non plus repoussant (quand même, et ce quand même en début de phrase auquel j’attribue une large flèche rouge sur les copies qui me passent entre les mains, je me le permets ; quand même, écris-je, cette moquette en camaïeux de bleus rois touchée de stries jaunes citron, c’est presque hideux, je me demande si l’ensemble est par conséquent plus agréable à un daltonien). Ce qui m’énerve un peu dans ce train, ce sont ces portes à pousser, ou tirer, je ne sais jamais, bien tirer depuis l’extérieur de la voiture. (Je retourne maintenant l’enveloppe pour écrire au recto, c’est vraiment n’importe quoi, je ferais mieux de chercher un carnet ou tout support digne de ce nom dans mon sac – mais vraiment mieux ? Au risque de perdre le fil (je raye fil) serpentin de ma pensée ? J’y serai contrainte, arrivée en bas de la, non du, du second côté de l’enveloppe. À moins que je la déchire pour écrire à l’intérieur. Je dois déjà la retourner, pour me rappeler ce que je comptais écrire… ah, oui 🙂 ces portes qu’il faut bien tirer vers soi selon que l’on se trouve dans le couloir, ou pousser selon que l’on se trouve dans la voiture (NON*). À force de l’écrire, et comme ceci sera finalement tapé, je devrais le retenir, ça peut toujours servir (L’enveloppe a une fenêtre, j’écris dans la longueur et ce saute-[fenêtre entre saute et mouton] mouton est fatiguant. Enfin ! j’ai suffisamment débité pour dépasser cette fichue fenêtre !). Station après station, Hambourg vient à moi, inexorablement, semble-t-il : et cette constatation ne me touche pas plus que cela. Je suis plus occupée à chercher un lien cohérent pour me rattacher à cette nuit même pas gris clair, mais rien à faire, qu’à refermer cette parenthèse si longtemps traînée que tout individu doué d’un certain sens des priorités a depuis belle lurette laissé tomber ce fardeau, et jusqu’au souvenir de son existence. Pas moi.)(J’en ouvre une autre, brièvement : Buxtehude. Je connais deux êtres humains cantonnés dans les parages) indifférence de ma part aux probabilités de séchage de mon linge, j’ai passé cette même nuit (je concède une répétition de ce mot) à côté de mon lit, en boule frigorifiée sur mon maigre mais salvateur tapis de pompes. J’ai peu dormi, mais enfin, j’ai dormi, quatre heures trente me sont bienvenues ces temps-ci. La fatigue monte cependant et j’atteins justement le côté droit de l’enveloppe).

*Après vérification, les portes pivotent, malgré quelque réticence, dans les deux sens.

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