Voyages

5 janvier 2009

 
Quand le monde dévide trop d’interminables abîmes
Qui étirent tristement l’ombre portée d’une vie
Jonchée de ces minutes que l’aiguille seule imprime,
Quelques rondes infinies passant pour des décennies ;
 
Comme l’aube maladive attend toujours le soleil,
Et qu’un vague souvenir étend l’ancien crépuscule
De l’âme à l’oeil, cependant que gît la nuit sans sommeil
Couleurs tues y pullulant, pensées jouxtant la virgule ;
 
Alors qu’on sait détraquée la subtile mécanique,
Que le plus pur enthousiasme a heurté l’air ricanant,
Que seul soutient l’édifice l’enfant en soi qui panique
Devant sa vie morcelée, froid puzzle aux bouts tranchants ;
 
Si chaque pas résonne dans le vide assourdissant
De gens qui n’existent pas, des rêves qui ont cessé,
Au bord muré des fenêtres élancés et trépassant,
Que le calme est apparent mais le mouvement forcé ;
 
Restent ma vie que j’ai prise et qu’il faut que je rédime
En rendant ce qu’on m’offrit, il est temps, je le redis ;
Mon petit cœur qui palpite, insolent qui me réveille
En refusant d’abdiquer, et toujours la nuit recule.
 
Restent ces instants fleuris, à mon chapeau je les pique ;
Chaque rose a des épines ; tout destin a son piquant ;
Il fut des sourires fortuits ; je n’aurais pu m’en passer
Et à vous – qui l’ignoriez – je dis merci en passant.
 
 
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