Autres

13 juin 15:23

Malgré le temps – bientôt trois mois et demi, je ne me remets pas vraiment ; la douleur est là qui sommeille, et il suffit de peu pour la réveiller. Je n’arrive plus à en parler ; dans le premier cas, mon entourage garde une contenance en tentant de faire comme si la mort n’avait pas eu lieu ; dans le second, j’ai très peu connu la personne décédée, et je ne veux pas réveiller la douleur de ceux qui en étaient proches ; alors j’évite de m’étaler sur ce sujet.
   Mais les larmes parfois me montent aux yeux, de tristesse et de colère vaine, que je peux difficilement refouler. Une amie a cru constater que tout me devenait indifférent en comparaison avec une vie humaine, et je ne peux lui donner entièrement tort ; et ces deux deuils en font resurgir un troisième que j’aurais du accomplir il y a, au mois près, onze ans – je me souviens encore du timbre de sa voix, de ses plaisanteries,… – ; le mot suicide était alors parvenu à mes oreilles, et immédiatement nié ; je n’ai jamais su ce qui s’était passé réellement – et on ne parle pas de ça aux enfants, n’est-ce pas ?
   Mais maintenant j’ai peur, je crois que je deviens insensible pour essayer d’oublier que, sans exception, tous les gens qui m’entourent sont aussi éphémères. Je crois que je ne pourrai pas survivre à l’annonce d’une nouvelle mort. Je suis prête à m’anesthésier la conscience, à me laisser emporter dans un tourbillon étourdissant, à brûler ma vie, plutôt que de ressentir ma douloureuse impuissance. Je me croyais plus forte ; j’avais promis d’aider ceux qui en avaient besoin, au lieu de quoi c’est moi qu’il a fallu aider. Je me demande parfois pourquoi c’est moi qui suis vivante aujourd’hui, parfois sans raison apparente des flashes d’instants insignifiants mais terriblement réels s’imposent à moi, et quoi que je fasse je reviens toujours me cogner à cette obsession qui me hante, qui me lamine insidieusement.
   Est-ce que le deuil a une fin ? Peut-on vivre sans aimer, aimer sans souffrir ? Et pourtant je sais que l’amitié m’a permis de garder toujours courage, mais serait-ce vrai quoi qu’il arrive, maintenant ? Est-ce que vivre, c’est souffrir, et être toujours seul avec ce que l’on ne peut partager ?
   Mieux vaut en effet que je reste muette un moment, j’espère qu’il s’agira du dernier billet de cette teneur…
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2 réflexions sur “13 juin 15:23

  1. Pascale dit :

     hello Ove .. oui j\’avais trop de blogs et plus beaucoup  de temps pour moi et ma tite famille .. j\’ai donc limité et j\’ai choisi .. Goût acidulé .. ça me ressemble dans mon fort intérieur et ça m\’aide à avancer .. si tu veux venir .. la porte est grand ouverte ma belle
    http://chripamaco.spaces.live.com/  ….. biz de pascalou
     

  2. Emilie la gothique dit :

    La vie est comme ça. Le bout de son chemin est la mort. Ce chemin est inévitable, c\’est indéniable.
    Alors pourquoi ne pas vouloir laisser faire les choses. Nous n\’y pouvons rien, il en sera toujours ainsi.
    Une vie sans souffrance n\’est pas une vie. Car il n\’y a qu\’en mourrant qu\’on ne souffre plus.
    Le sentiment absolue est celui qui fait le plus souffrir. L\’amour. Et donc celui que j\’ai toujours évitée.
    Et que j\’aurais voulue éviter encore et encore.
    Le deuil a une fin. Il est normal que ce deuil revienne de temps en temps.

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